Elles vont ramer. Ensemble. Et surtout, elles vont montrer que l’après-cancer peut aussi rimer avec sport, solidarité et dépassement de soi.
En 2027, l’Ariège participera pour la première fois au Challenge Avirose, organisé chaque année à Paris à l’occasion des championnats de France d’aviron. Trois équipes de quatre participantes feront le déplacement. Douze femmes réunies autour d’un même défi, après avoir traversé l’épreuve du cancer du sein.
Portées par l’association Les Roses d’Ariège

Créée en 2018 par la kinésithérapeute Jocelyne Rolland, en partenariat avec la Fédération française d’aviron, l’épreuve d’aviron indoor est notamment dédiée aux femmes touchées par un cancer du sein. En 2025, 165 équipes venues de toute la France avaient pris part à l’événement.
En 2027, les couleurs de l’Ariège seront donc représentées par trois équipes. Une première pour le département, portée par l’association Les Roses d’Ariège, créée par les kinésithérapeutes Sandrine Terrieux et Rita Rodriguez, spécialisées dans la rééducation des femmes touchées par le cancer du sein.
« Nous avons créé Les Roses d’Ariège pour accompagner les femmes touchées par un cancer du sein, notamment par le sport. Nous avons constitué trois équipes pour le Challenge Avirose, une compétition nationale d’aviron indoor, une première pour le département », explique Sandrine Terrieux.
Deux fois 250 mètres pour aller plus loin
Le principe : chaque équipe doit parcourir deux fois 250 mètres, en relais, sur un rameur. Pour participer, une équipe doit compter au moins deux femmes touchées par un cancer du sein. Les Ariégeoises ont quant à elles choisi d’aller plus loin : les quatre membres de chacune des trois équipes sont concernées par la maladie.
« Nous avons douze participantes mobilisées. Pour cette première année, nous avons constitué trois équipes, mais nous aurions pu en avoir beaucoup d’autres », souligne la kinésithérapeute.
« Essayer de se dépasser »
Parmi elles, Carole Justrobe, 50 ans, se prépare activement. Toujours sous traitement, entre hormonothérapie, injections et thérapie ciblée, l’Ariégeoise a repris le travail malgré les effets secondaires et la fatigue. Désormais, elle s’entraîne pour être prête pour son rendez-vous parisien.
« On a déjà eu le défi du cancer, mais c’est un autre défi : essayer de se dépasser, de se prouver qu’on peut encore faire des efforts malgré tout ce qu’on a vécu auparavant, et retrouver toute cette force. Mais c’est aussi faire de nouvelles rencontres et partager une belle aventure avec d’autres femmes qui ont traversé cette maladie », explique l’Ariégeoise.
Son histoire familiale donne également une dimension particulière à son parcours. Sa sœur jumelle, Patricia, a elle aussi été touchée par un cancer du sein, à quelques mois d’intervalle.

« Je n’ai pas vécu ce cancer toute seule. J’étais entourée par ma famille et mes amis, mais je l’ai aussi vécu en même temps que ma sœur. Pourtant, nos cancers n’étaient pas génétiques, c’est un hasard », confie Carole. Malgré les contraintes imposées par les traitements, elle affiche une détermination intacte.
« Il faut garder la force pour l’entraînement et la positivité. Et je suis sûre qu’on va gagner. »
Audrey Abadie-Amiel, un message d’espoir
Parmi les futures rameuses figure également un visage bien connu en Ariège : Audrey Abadie-Amiel, députée de la deuxième circonscription du département.
Lorsque sa kinésithérapeute lui a proposé de participer au Challenge Avirose, elle n’a pas hésité. Touchée elle-même par un cancer du sein à l’été 2023, elle souhaite désormais transformer cette expérience en message d’espoir.
« C’est une cause qui me tient à cœur. Aujourd’hui, je veux transformer cette expérience en message d’espoir. Je vais bien. Je suis là aussi pour dire qu’on en sort. Et qu’après, ce n’est plus qu’un mauvais souvenir. »
Habituée à participer aux actions de sensibilisation et aux marches organisées dans le cadre de la lutte contre le cancer du sein, elle troquera en 2027 ses chaussures de marche pour un rameur.
À Paris, elle retrouvera ses coéquipières, mais aussi quatre kinésithérapeutes qui accompagneront les trois équipes ariégeoises tout au long de cette aventure.
À Paris, les douze Ariégeoises ne rameront donc pas seulement pour le classement. Elles porteront leur histoire et celle de toutes les femmes touchées par un cancer du sein. Un défi sportif, mais surtout un message : "après la maladie, il est possible de se reconstruire et de se dépasser."





