Il préfère les poignées de main aux boîtes aux lettres. Les réunions aux tracts. Et les discussions autour d’une table aux grandes déclarations. Pour sa première campagne sénatoriale, Jean-Luc Fernandez a choisi de partir à la rencontre des élus locaux.
« Plus de 220 maires rencontrés physiquement », souligne le candidat. Une manière, selon lui, de prendre le pouls du département et surtout d’écouter ceux qui font vivre les communes au quotidien.
« C'est un formidable rendez-vous des objectifs que je me suis fixé. Une formidable campagne, malgré une période quand même qui n'est pas très propice, puisque juillet-août... Les maires ont quelquefois autre chose à penser. La famille à la maison, la fête du village organisée, les vacances. Quelquefois, ils n'ont pas trop envie de recevoir les candidats au sénatorial, mais j'ai été formidablement reçu partout.
« Au diable les étiquettes politiques ! »
Jean-Luc Fernandez se présente sans étiquette politique. Une ligne qu’il revendique depuis le début de sa campagne.
« Je n’ai jamais eu d’étiquette politique dans ma vie. Je pense qu'aujourd'hui, l'étiquette politique, elle est peu importante. Je crois que la population veut des gens investis, qui parlent de leurs problèmes. Et au diable, les étiquettes politiques, je dirais.»
En Ariège, huit candidats sont donc officiellement en lice pour un seul siège de sénateur. Face à eux, Jean-Luc Fernandez entend faire valoir un autre argument : son expérience d’élu local et sa connaissance des problématiques quotidiennes des petites communes.
« Je crois que le monde rural a perdu la parole »
C’est le fil rouge de sa candidature. Pour Jean-Luc Fernandez, le monde rural souffre d’un décalage entre les décisions prises à Paris et leur application sur le terrain.
« Je crois que le Sénat, c'est peut-être le seul endroit où on peut encore parler de ruralité, parce que tout le monde parle de ruralité, mais voilà, sur le terrain, on ne voit pas grand-chose arriver (...). Beaucoup de monde décide pour nous, pense pour nous, à Bruxelles ou à Paris. Et les choses arrivent sur le terrain et quelquefois sont inapplicables », estime-t-il.
Le candidat veut notamment mettre en avant la situation financière des collectivités.
« On dit aux maires que leur pouvoir est renforcé, mais avec 40 % de financement en moins. Nos députés font un excellent travail, mais ils sont noyés dans la masse. Le monde rural, au travers de ses élus, a perdu la parole. Il est temps qu’une voix forte, peut-être la mienne, puisse au Sénat proposer des amendements, modifier les lois », défend Jean-Luc Fernandez.
La défense des services publics en ligne de mire
Originaire d’Aleu, dans le canton de Massat, Jean-Luc Fernandez est adjoint au maire et ancien vice-président de la communauté de communes Couserans-Pyrénées, notamment en charge des déchets ménagers.
Avant son engagement local, il a fait carrière à la mairie de Toulouse, où il était chargé du contrôle de l’hygiène. Un parcours qui nourrit aujourd’hui son credo : « Ne plus demander davantage aux communes sans leur donner les moyens d’agir. »
Autre priorité de sa campagne : les services publics. La Poste, l’école, la santé et l’accompagnement des personnes âgées figurent parmi ses principales inquiétudes.
« Les services publics, aujourd’hui, ont quitté le territoire pour la plupart. J'entends les thèmes de campagne de tout le monde. Actuellement, c'est la défense des services publics. Je crois que j'essaierai de faire mieux que par le passé, parce que force est de constater que les services publics, aujourd'hui, ont quitté le territoire pour la plupart. Le dernier qui risque de nous quitter, heureusement que les colis marchent bien, c'est la Poste. », affirme-t-il.
Dans un département marqué par le vieillissement de la population et la baisse du nombre d’enfants scolarisés, la question du maintien des services devient, selon lui, centrale.
« Le vieillissement de la population à l'Ariège est un constat. Demain, davantage de maisons de retraite, davantage d'EHPAD. Et il faut trouver des gens pour soigner les gens à la maison, puisque le but, c'est de maintenir au maximum les anciens à la maison. Mais il faut des services. Donc la loi grand âge oeuvre bien dans ce sens. Les grandes lignes ont été tracées. Le problème, c'est qu'il manque l'argent. », souligne-t-il.
Un binôme avec Delphine Massat

Pour l’accompagner dans cette campagne, Jean-Luc Fernandez a choisi Delphine Massat, élue à Trémoulet et "investie au sein de la communauté de communes des Portes d’Ariège Pyrénées". Elle travaille également dans les ressources humaines à Varilhes, au sein de la régie d’électricité.
« Une candidate fortement impliquées dans la vie locale et proche des réalités du territoire, souligne Jean-Luc Fernandez : « C’est quelqu’un de très investie dans sa commune, à la communauté de communes Portes d’Ariège-Pyrénées. Une personne avec qui je m'entends fort bien. On a les mêmes façons de voir les choses, la même façon de penser. C'est une belle rencontre et je m'en félicite.», résume t'il.
Un scrutin qui se jouera auprès des grands électeurs
Le 27 septembre, ce ne sont pas les électeurs ariégeois dans leur ensemble qui se rendront aux urnes pour ce scrutin, mais les grands électeurs du département. En Ariège, 628 électeurs sénatoriaux sont ainsi appelés à voter. Pour Jean-Luc Fernandez, l’essentiel de la campagne aura donc été de rencontrer ces élus et de parler avec eux de leurs difficultés, pour "remettre les communes rurales au centre des décisions publiques."





