Pourquoi avez-vous décidé de vous présenter aux élections sénatoriales ?
Je suis docteur en histoire du droit et des Institutions et je suis depuis un certain temps les votes du Sénat. Il y a des lois qui ne me conviennent pas, notamment sur certains sujets comme la loi anti-squat. Je pense que les sénateurs doivent aussi aller sur le terrain, rencontrer les personnes concernées et comprendre les situations auxquelles elles sont confrontées.
Pour moi, une loi doit être jugée sur son contenu et non pas simplement sur le fait qu’elle soit proposée par la droite ou par la gauche. Ce n’est pas parce qu’une loi vient de son propre camp qu’elle est forcément bonne.
C’est pour cette raison que je souhaite rester libre dans mes choix. Je veux pouvoir voter à gauche comme à droite lorsqu’une proposition me paraît aller dans l’intérêt de l’Aude.
Pouvez-vous nous dire un mot sur votre suppléante ?
Ma suppléante, Jeannette Driss, est engagée dans plusieurs associations, notamment dans le domaine des violences intrafamiliales. Elle est également bien implantée sur Carcassonne et dans la Haute-Vallée. Nous avons rapidement constaté que nous étions complémentaires et que nous partagions un certain nombre de valeurs.
Quelles seraient vos principales priorités au Sénat ?
L’une de mes priorités concerne l’eau. Je souhaiterais que l’Aude puisse devenir un département pilote pour expérimenter de nouvelles solutions permettant de mieux retenir l’eau et de ralentir son ruissellement.
Il existe des techniques anciennes et des savoir-faire qui peuvent nous inspirer. Je pense notamment à certaines méthodes développées dans l’Andalousie musulmane. Il faut pouvoir expérimenter, adapter ces techniques à notre territoire et, pour cela, parfois lever certaines contraintes administratives.
Vous souhaitez également défendre l’agriculture ?
Oui. Il faut simplifier les choses pour les agriculteurs. Je connais un peu leurs difficultés puisque j’ai moi-même aidé ponctuellement des membres de ma famille dans leur activité agricole.
Aujourd’hui, certains agriculteurs peuvent avoir peur des contrôles ou de la complexité administrative. Il faut leur permettre de travailler plus simplement, sans avoir le sentiment que chaque démarche peut devenir une difficulté supplémentaire.
Cette simplification doit d’ailleurs concerner l’ensemble des territoires.
Vous êtes docteur en histoire. Quelle place accordez-vous au patrimoine audois ?
Le patrimoine est une véritable richesse pour l’Aude. Cet été, j’ai pris le temps de parcourir les villages du département et j’ai découvert ou redécouvert énormément de lieux et de patrimoines qui mériteraient d’être davantage valorisés.
Il existe beaucoup de bénévoles, d’associations et de personnes qui souhaitent faire vivre ce patrimoine. Avec de la bonne volonté et des moyens financiers, notamment en allant chercher les financements qui existent, on peut faire beaucoup de choses. Le patrimoine peut être un moteur pour le tourisme et donc pour l’économie locale.
Cela peut permettre de faire travailler les artisans, de développer les chambres d’hôtes ou les locations, mais aussi de soutenir les commerces de proximité dans les villages. Il faut créer une dynamique autour de ces territoires ruraux.
Un sénateur peut avoir un rôle de relais pour accompagner ces projets et aider les communes ou les associations à aller chercher les financements nécessaires.
Quelles sont les valeurs que vous souhaitez porter ?
Pour moi, il y a deux valeurs essentielles : l’honnêteté et le courage en politique. Il faut avoir le courage de défendre ses convictions et de ne pas changer de position simplement parce que cela devient difficile.
Je veux conserver cette liberté. Si une décision me paraît bonne pour l’Aude, je la soutiendrai, quelle que soit son origine politique.
Quel message souhaitez-vous adresser aux grands électeurs de l’Aude ?
L’Aude est un très beau département, avec un patrimoine et une histoire considérables, mais qui ne sont pas toujours suffisamment mis en valeur.
Je souhaite contribuer à créer une dynamique autour de ces richesses, en travaillant avec les communes, les associations, les bénévoles et les acteurs économiques. La valorisation du patrimoine, le tourisme, l’artisanat et le maintien des commerces dans les villages peuvent contribuer à faire vivre nos territoires.
C’est cette proximité avec le terrain et cette liberté de choix que je souhaite porter au Sénat.





