Pourquoi avez-vous décidé de vous présenter aux élections sénatoriales ?
C’est la première fois que je me présente à une élection et c’est une fierté, du côté de La France insoumise, de présenter des candidats issus de la société civile. Je suis enseignant d’histoire-géographie à Carcassonne et je milite à La France Insoumise depuis trois ans. J’ai souhaité m’impliquer davantage dans la vie militante locale.
Cette candidature représente l’occasion de porter une voix différente au Sénat, une voix de rupture avec l’austérité budgétaire et les politiques libérales menées depuis plusieurs décennies. Nous voulons notamment défendre la bifurcation écologique, le retour des services publics dans les communes rurales et redonner aux communes les compétences et les moyens d’agir.
Comment votre candidature a-t-elle été désignée ?
À LFI, les candidatures sont proposées au niveau des militants puis validées au niveau de la boucle départementale. Pour ma part, cela s’est fait assez spontanément.
Pouvez-vous présenter votre suppléante ?
Josiane Régis est retraitée de la fonction publique d’État et habite à Narbonne. Elle est militante depuis un certain temps et assure avec moi ce binôme dans le département. Elle mène notamment le travail sur le secteur de Narbonne, tandis que j’essaie d’aller sur les autres territoires.
Le département est vaste et les territoires sont très différents. Je dois également concilier la campagne avec mon métier d’enseignant et mes 160 élèves.
Quelles seront vos principales priorités si vous êtes élu ?
Nous avons trois grandes priorités. La première, c’est la bifurcation écologique, avec notamment les questions de l’accès à l’eau, de la prévention et de la lutte contre les incendies, mais aussi de la viticulture.
La deuxième, c’est le retour des services publics dans les communes rurales et la lutte contre leur isolement. Dans certaines communes, l’accès aux services est devenu très difficile.
Enfin, nous voulons redonner aux communes le pouvoir d’agir localement et surtout les moyens de mettre en œuvre leurs politiques. Nous proposons notamment d’indexer la dotation globale de fonctionnement sur l’inflation et de renforcer les accueils physiques de services publics dans les petites communes.
La désertification médicale fait-elle également partie de vos priorités ?
Oui. Pour nous, c’est une urgence vitale, au sens littéral du terme. Certaines personnes doivent aujourd’hui faire 45 minutes ou une heure de route pour accéder à un médecin ou à une maternité.
Nous voulons également agir sur la régulation de l’installation des médecins pour lutter contre les déserts médicaux.
Vous défendez également une nouvelle organisation des territoires. Pourquoi ?
Nous défendons notamment l’idée d’"éco-régions", construites autour des bassins versants, afin d’avoir une cohérence environnementale, sociale et culturelle dans la gestion des territoires.
Nous défendons aussi une gestion publique de l’eau. Dans l’Aude, c’est une question essentielle, mais le stress hydrique concerne désormais de nombreux territoires en France.
Quelles valeurs souhaitez-vous porter à travers cette candidature ?
Je suis professeur d’histoire-géographie et mes valeurs sont celles de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, auxquelles j’ajoute la justice sociale et la solidarité.
La lutte féministe, antiraciste et la défense des droits des personnes LGBT font également partie de ces valeurs. Nous sommes aussi résolument pacifistes et opposés à la marche vers la guerre, dans l’héritage de Jean Jaurès.
Quel message souhaitez-vous adresser aux Audois ?
Il n’y a pas de fatalité. Les politiques menées ces dernières décennies auraient pu être différentes.
L’Aude est un département magnifique, qui dispose d’un énorme potentiel, mais certaines communes rurales sont de plus en plus isolées. Nous voulons lutter contre ce fatalisme et redynamiser le département, pour que chacun puisse se soigner sans avoir à faire une heure de route, accéder aux services publics et permettre aux enfants d’avoir accès à l’instruction dans de bonnes conditions.
Nous pensons qu’un autre modèle est possible, plus solidaire, plus juste et plus égalitaire.





