Vous êtes candidate aux sénatoriales dans l’Aude. D’où vient cet engagement ?
Cela fait une dizaine d’années que je suis engagée politiquement pour l'écologie. J’ai participé à différentes campagnes, et j’ai également soutenu plusieurs candidats au fil des années.
Parallèlement, nous avons toujours eu un engagement très marqué sur le terrain, notamment autour des mouvements régionalistes. La défense de la culture, de la langue et des particularités de nos territoires fait partie de notre travail depuis longtemps.
Pourquoi franchir aujourd’hui le pas des sénatoriales ?
Parce que je pense qu’il faut revenir davantage au terrain. On passe beaucoup de temps à regarder ce qui se passe à Paris, alors qu’il y a énormément de choses à faire localement. Cette candidature est aussi une manière d’aborder l’ensemble des sujets avec un regard différent et de remettre l’écologie au centre des politiques publiques.
Vous parlez d’une "écologie indépendante". Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?
Pour moi, l’écologie ne doit pas être réduite à une étiquette politique. C’est un mode de vie et une manière de penser l’ensemble des politiques publiques.
La santé, l’économie, le travail, la ruralité, les politiques locales… Tout est lié. L’enjeu est donc de trouver une véritable synergie entre l’écologie et l’économie, plutôt que de les opposer. Il n’y a pas de baguette magique. En revanche, il faut mettre autour de la table des personnes différentes, avec des compétences et des expériences différentes, et essayer de dégager des objectifs communs.
L’essentiel est ensuite de parvenir à transformer ces objectifs en projets concrets. C’est cela, pour moi, le travail politique : être capable de construire et de faire.
Il y a énormément de sujets à traiter dans nos territoires ruraux. Les problématiques sont très concrètes : les services, l’économie, le travail, la santé, l’environnement… Il faut partir des réalités du terrain et construire les réponses avec les personnes concernées, plutôt que de décider uniquement depuis Paris.

Vous avez choisi un suppléant, Grégory Sanchez, pourquoi ce choix ?
C’est quelqu’un qui travaille avec les équipes depuis longtemps et qui connaît très bien le territoire. Il apporte également des compétences très différentes des miennes.
Il est directeur des opérations dans une société de restauration collective. Cette expérience lui donne notamment une connaissance concrète des questions liées à la restauration, à l’organisation et à la logistique. C’est une complémentarité qui nous semblait importante.
Vous insistez beaucoup sur l’ouverture. Est-ce également une manière de faire de la politique autrement ?
Oui. Il faut arrêter de considérer que ce sont toujours les mêmes personnes qui doivent participer à la vie politique. Nous devons ouvrir davantage les portes aux citoyens, leur permettre de poser des questions et surtout de pouvoir dialoguer directement avec leurs élus.
À quelques jours du scrutin, quel message souhaitez-vous adresser aux audois ?
Ils doivent prendre leur place. Il faut oser interpeller les élus, leur écrire, aller dans les permanences parlementaires, dans les mairies, poser des questions.
Que l’on soit face à un député, un sénateur, un conseiller régional ou départemental, il ne faut pas hésiter à faire entendre sa voix.
Quel message souhaitez-vous adresser aux grands électeurs ?
Je sais que le choix peut être compliqué, compte tenu du nombre de candidatures et du contexte politique actuel. Pour ma part, j’espère qu’ils remettront au cœur de leurs actions l’écologie, le centre et surtout l’ouverture.
Mais au-delà du scrutin, j’ai envie de dire aux citoyens de ne pas renoncer à la politique. Je comprends les doutes et les déceptions que l’on peut avoir, mais il faut continuer à s’engager.
Revenir au terrain, écouter, travailler avec les personnes concernées et construire des projets concrets. La politique ne doit pas être uniquement une affaire de partis. Elle doit aussi être une affaire de citoyens, de territoires et de projets.





