Maire de Veraza depuis 2014, éleveur et engagé depuis de nombreuses années dans le monde agricole, Daniel Palop se porte candidat aux élections sénatoriales, avec le soutien de Jean Lassalle. Il entend faire de la ruralité, de l’agriculture et des services publics de proximité les principaux axes de sa campagne.
Le groupe Résistons qui m’a proposé d’être candidat. Après une longue réflexion, j’ai décidé d’accepter, après avoir mesuré l’enjeu et les responsabilités que cela représentait. Je suis maire de Veraza depuis 2014, mais mon engagement municipal remonte à beaucoup plus longtemps puisque je suis entré au conseil municipal alors que j’étais très jeune, autour de mes 18 ans. Je suis également éleveur de vaches gasconnes des Pyrénées et engagé dans la défense de cette race au niveau départemental et national. Je suis notamment vice-président de l’ODG de la race gasconne des Pyrénées.
J’ai aussi une activité économique locale avec un magasin de producteurs que nous avons créé et le petit restaurant qui lui est associé, le Bus des Paysans. Toutes ces expériences m’ont donné une connaissance assez concrète des réalités de notre territoire.
Quelles sont vos motivations ?
Ma première motivation est de représenter et de défendre les territoires ruraux et le monde agricole. Mais défendre la ruralité, ce n’est pas seulement défendre l’agriculture. Cela concerne l’ensemble des habitants, des entreprises, des commerces et des collectivités.
Notre département reste profondément rural, malgré la présence de plusieurs agglomérations. Je pense que cette voix des territoires doit être davantage portée au Sénat. À mon sens, les lois doivent être votées en tenant compte des réalités locales. Ce ne sont pas les exigences de Paris qui doivent être systématiquement imposées à nos territoires. Je veux instaurer une relation privilégiée avec les élus du département pour faire remonter leurs ressentis, leurs besoins et leurs attentes.
Vous êtes soutenu par Jean Lassalle. Pourquoi ce choix ?
Avant de m’engager, j’ai regardé ce que portait Jean Lassalle. Il a défendu pendant des années un territoire rural, les Hautes-Pyrénées, et il est toujours resté dans une ligne de défense de la ruralité et d’une France décentralisée.
C’est une vision dans laquelle je me retrouve. Je pense qu’il faut redonner davantage de place aux territoires et à ceux qui les représentent.
Quelles seront vos priorités si vous êtes élu ?
J’ai construit ma profession de foi autour de neuf grands axes. L’eau est l’un des sujets majeurs, mais je veux également défendre les services publics de proximité, l’autonomie financière des collectivités, la simplification des normes, l’économie locale, les infrastructures, la sécurité et la protection civile, ainsi que le tourisme.
Pourquoi l’eau est-elle une priorité ?
Parce que c’est un enjeu qui concerne tout le département et qui va devenir de plus en plus important avec le changement climatique. Il faut d’abord garantir l’accès à l’eau potable. Aujourd’hui encore, certains villages doivent être ravitaillés par des citernes. Je me suis récemment rendu à La Pradel-Cabardès, où les réserves communales étaient alimentées par des camions-citernes. D’autres communes connaissent également ces difficultés.
Mais l’eau, c’est aussi l’agriculture. Les sécheresses mettent en difficulté la viticulture, mais également l’élevage, notamment pour l’abreuvement des troupeaux, et les cultures.
Il faut donc anticiper. Nous avons connu en 2026 des quantités d’eau très importantes durant l’hiver qui sont finalement passées sans être suffisamment stockées. Je pense qu’il faut réfléchir à la possibilité de mieux stocker cette ressource et simplifier les démarches.
Il ne s’agit pas d’aller contre l’écologie. Nous aimons nos territoires, nous y vivons et nous voulons les protéger. Mais protéger l’environnement ne doit pas empêcher les aménagements nécessaires à la vie des territoires.
Les stockages pourraient avoir plusieurs fonctions : l’irrigation, l’abreuvement des animaux, mais aussi la défense des forêts contre les incendies. Il faut avoir une vision globale et réfléchir à des équipements qui puissent répondre à plusieurs besoins.
Vous avez également comme priorités les services publics de proximité?
C’est essentiel. Il faut soutenir les petites communes et lutter contre les déserts médicaux et administratifs. Aujourd’hui, dans certains secteurs, avoir accès à un médecin, à un hôpital ou aux services d’urgence devient très compliqué. C’est une vraie question d’égalité entre les territoires.
La Poste est également un exemple. Dans certains petits villages, elle est parfois le dernier service public encore présent. Il n’y a plus de banque et parfois plus aucun autre service. Il faut donc développer les lieux où plusieurs services peuvent être regroupés. Certaines expériences montrent qu’une même structure peut accueillir la Poste, France Services et différents services administratifs. Cela permet aux habitants de faire des démarches sans devoir parcourir parfois plus d’une heure de route. C’est aussi une condition pour attirer des familles dans les villages. Il faut préserver les écoles, l’éducation et les services culturels.
Vous accordez également une place au tourisme?
Le tourisme est l’un des piliers économiques du département. Nous avons des atouts considérables, avec notre patrimoine, nos paysages, nos villages et nos sites touristiques. Il faut mieux les valoriser et profiter davantage de ce que nous avons. Le développement du tourisme peut aussi bénéficier directement aux commerces, aux producteurs et aux entreprises locales.
Vous insistez beaucoup sur la proximité. Quel sénateur souhaitez-vous être ?
Je veux être un sénateur de terrain. Je veux rencontrer régulièrement les élus, rendre compte de mon action et surtout être disponible pour faire remonter leurs difficultés et leurs propositions au Sénat. Le Sénat doit être une chambre qui représente les territoires. Pour moi, cela signifie être en contact permanent avec ceux qui font vivre les communes.
Si vous êtes élu, vous devrez quitter votre fonction de maire. Avez-vous réfléchi à la suite ?
Oui. Il faudra organiser une transition et j’en ai déjà parlé avec mon premier adjoint. Mais j’ai aussi une autre activité à prendre en compte : mon exploitation. J’ai aujourd’hui 60 vaches allaitantes. Si je suis élu, je réfléchis à proposer à quelqu’un de s’installer à mes côtés, éventuellement dans le cadre d’un GAEC, ou à organiser une reprise. Cela fait 25 ans que je travaille sur cette exploitation et j’aimerais conserver un lien avec elle. Mais je sais aussi que je ne pourrai pas continuer à mener mon activité comme aujourd’hui si je deviens sénateur. Il faudra donc faire des choix et transmettre.
Quelles valeurs souhaitez-vous porter ?
La sincérité, le respect, la ruralité et le bon sens. Je pense qu’il faut aujourd’hui retrouver davantage de bon sens dans notre pays et surtout faire davantage confiance aux territoires.
Quel message souhaitez-vous adresser aux grands électeurs ?
Je veux être un sénateur de terrain, rendre compte régulièrement aux élus, les rencontrer le plus souvent possible et porter la voix des territoires au Sénat.
Je veux que les réalités de nos communes, de nos agriculteurs, de nos commerçants et de nos habitants soient entendues au niveau national. Les lois doivent être votées en tenant compte des réalités de nos territoires, et non l’inverse.





