Pouvez-vous nous expliquer votre décision de vous présenter aux élections sénatoriales ?
Cette candidature s’inscrit dans la continuité de mon parcours politique. Je souhaite aujourd’hui pouvoir porter la voix des élus de l’Aude, qui ont besoin d’être soutenus, accompagnés et entendus.
Ils ont également besoin qu’on leur simplifie les choses et qu’on leur permette de mettre en œuvre les projets pour lesquels ils ont été élus. Pour moi, le sénateur doit être dans cette posture de facilitateur de la mise en œuvre des projets des collectivités. Les communes sont en prise directe avec la population et avec ses besoins. Un élu local porte des politiques publiques qui doivent permettre d’améliorer concrètement le quotidien des citoyens. Le sénateur a donc un rôle à jouer dans l’écoute qu’il apporte aux élus et dans la parole qu’il porte ensuite à Paris. Il peut également créer des ponts avec les institutions, avec l’État et les ministères, afin de faciliter la réalisation de certains projets qui sont bénéfiques pour nos territoires.
Vous insistez beaucoup sur la proximité avec les élus locaux ?
C’est essentiel. Le territoire de l’Aude a besoin d’être soutenu et entendu à Paris. J’étais encore, dernièrement, dans les Corbières, notamment à Jonquières. On voit bien aujourd’hui que les élus locaux, particulièrement dans les territoires qui ont été traversés par le mégafeu en août dernier, ont absolument besoin que des actions fortes soient menées. La spécificité méditerranéenne doit être entendue et, demain, trouver des réponses, notamment dans la loi.
Je pense que nous ne serons pas trop de deux pour porter cette voix, même si nous ne sommes pas une candidature de liste au sens strict. C’est une candidature commune que nous portons avec Sébastien Pla, à la fois sur le projet et sur la méthode. Notre méthode est simple : être sur le terrain, être à l’écoute des élus locaux et pouvoir mieux les accompagner et les soutenir.
Vous êtes candidate aux côtés de Sébastien Pla. Pourquoi avoir choisi ce binôme ?
J’étais sa suppléante il y a six ans. C’est quelqu’un qui porte les mêmes valeurs que moi : des valeurs de gauche, de progrès, de gauche sociale et écologique. Mais nous partageons surtout une méthode de travail. C’est celle que j’applique depuis 25 ans : être sur le terrain.
À la mairie de Bram, mon bureau est rarement occupé. En revanche, on peut me trouver dans la rue. À la Région, je fonctionne de la même manière. Je suis énormément en déplacement. Dans le domaine de la culture, qui est celui sur lequel je travaille particulièrement, je vais dans les théâtres, les festivals, les musées, mais aussi à la rencontre des associations et de tous ceux qui font vivre la culture. Demain, nous ferons la même chose. C’est cette méthode que nous partageons et qui a prouvé son efficacité parce qu’elle permet de comprendre la réalité des choses, ce que vivent les citoyens et les difficultés qu’ils rencontrent. C’est à partir de là qu’on peut chercher des solutions, notamment par la loi, puisque c’est évidemment l’un des rôles des sénateurs.
Si vous êtes élue sénatrice, vous devrez quitter vos fonctions exécutives locales. Qui pourrait prendre votre succession ?
Oui. Depuis la loi sur le non-cumul des mandats, je ne pourrai plus être maire de Bram ni vice-présidente de la Région si je suis élue sénatrice. C’est évidemment quelque chose que j’ai mesuré. C’est une décision qui n’a pas été facile à prendre parce que les mandats que j’occupe actuellement sont des mandats qui me passionnent réellement. J’y ai donné une grande partie de ma vie depuis 25 ans. J’ai deux enfants qui ne m’ont quasiment connue qu’élue. Ils ont passé pas mal de soirées et de week-ends sans me voir. C’est un engagement qui a été un choix personnel. Aujourd’hui, je fais un autre choix, mais je le fais en pleine connaissance de cause.
L’élection de mars dernier nous a donné une large majorité. L’équipe en place est prête et motivée. La feuille de route est claire puisque nous avons été élus sur un programme. C’est notre marque de fabrique : quand nous annonçons des projets, nous les mettons en œuvre. Ces projets ont été évalués et chiffrés et nous serons en capacité, pendant les sept années du mandat, de les réaliser. La feuille de route est prête, l’équipe est prête et elle m’a donné son accord pour cette candidature. Si je venais à être élue, mon premier adjoint serait proposé au suffrage du conseil municipal pour devenir maire. Je crois qu’il faut toujours penser en termes de continuité. L’intérêt qui est le nôtre, c’est celui de Bram. Et l’intérêt de Bram ne sera pas remis en question. L’équipe est là, les projets sont là, nous avons été élus là-dessus et c’est ce qui sera mis en œuvre.
Quels sont les principaux dossiers que vous souhaitez défendre au Sénat ?
Nous avons essayé de lister dix engagements. Mais notre engagement majeur, c’est de porter la voix de l’Aude au Sénat. C’est une voix spécifique, parce que l’Aude compte 433 communes. La priorité des priorités, c’est donc de permettre à ces communes d’agir. Pour cela, il faut que l’État leur refasse confiance. Nous défendrons leur liberté d’initiative.
Ensuite, il y a évidemment l’agriculture. C’est un sujet majeur. Quand je rencontre les maires et les conseils municipaux, une demande revient régulièrement : pouvoir continuer à produire sur nos territoires et permettre aux agriculteurs de vivre de leur travail.
Tous ces sujets doivent être entendus à Paris, mais aussi à Bruxelles. Il faut accompagner et soutenir nos agriculteurs, notamment sur les problématiques liées à l’eau et à la Politique agricole commune. Nous avons aujourd’hui un sujet majeur autour du changement climatique et de la manière dont nous pouvons prévenir, anticiper et protéger nos territoires.
Ma préoccupation majeure sera finalement de savoir comment nous prenons soin de notre territoire. Prendre soin de notre territoire, c’est faire confiance aux communes, protéger nos paysages, protéger nos emplois. C’est aussi évidemment parler de santé.
Dans l’Aude, nous avons encore beaucoup de déserts médicaux. Il faut donc rendre nos territoires plus attractifs pour permettre aux médecins de s’y installer, tant que la loi ne les oblige pas à le faire. Tous ces sujets se rejoignent : comment prendre soin à la fois de nos territoires et des personnes qui y vivent ? Comment soutenir des collectivités qui sont soumises à des aléas climatiques de plus en plus violents ?
Justement, la gauche a choisi de s’unir autour de votre candidature et de celle de Sébastien Pla. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?
C’est à la fois, pour Sébastien Pla et pour moi, le signe de notre capacité à rassembler au-delà de notre famille politique, puisque nous sommes tous les deux socialistes. C’est aussi le symbole de la façon dont nous voulons travailler demain au Sénat. Nous ne voulons pas être simplement porteurs d’une idéologie. Nous voulons être porteurs de la voix d’un territoire.
C’est bien ce qui fait que les partis de gauche ont souhaité soutenir nos candidatures : parce que nous sommes la voix d’un territoire et pas simplement la voix d’un parti.
Nous partageons des valeurs de progrès, d’entraide, de solidarité entre les territoires et évidemment d’écologie. Ces valeurs nous rassemblent. Demain, nous serons donc les candidats de cette grande gauche sociale et écologique qui nous réunit. C’est une fierté pour nous d’avoir obtenu le soutien de ces différentes formations et nous serons à la hauteur de la confiance qui est placée en nous.
Pour terminer, quel message souhaitez-vous adresser aux Audoises et aux Audois ?
Je veux être une sénatrice utile à l’Aude. Et je ferai tout pour le devenir. Utile à l’Aude et aux Audois, mais aussi utile aux communes et à leurs élus. C’est cette proximité, cette écoute et cette capacité à faire avancer les projets qui guideront mon engagement si je suis élue.





