Richard Moretto, le terrain, il le pratique depuis des décennies. À la mairie du Sautel, d'abord, mais aussi dans les exploitations agricoles, les ateliers du Pays d'Olmes et les instances intercommunales.
À 74 ans, l'élu communiste se présente pour la deuxième fois aux élections sénatoriales en Ariège. Il portera, le 27 septembre prochain, les couleurs du Parti communiste français.
De l’industrie textile à l’agriculture, un parcours ancré dans le territoire
Son parcours raconte une certaine idée de l'engagement politique. Avant de devenir maire, Richard Moretto a connu l'industrie textile du Pays d'Olmes, puis l'agriculture. En 1984, il s'installe au Sautel avec son épouse et se lance dans l'élevage.
« Je me suis installé dans l’agriculture en 1984, avec une production bovine destinée à la fois au lait et à la viande. Avec mon épouse, nous avons ensuite développé une activité de vente directe et de transformation du lait. »
Aujourd'hui retraité, il a transmis l'exploitation à sa fille et à son beau-fils. La génération suivante a depuis pris le relais. « C'est une entreprise familiale », résume-t-il. Une histoire familiale qui lui donne, dit-il, « un regard particulier sur les difficultés auxquelles sont confrontés les agriculteurs.»
Une vie locale commencée bien avant la mairie
Son engagement politique, lui non plus, n'est pas récent. Richard Moretto affiche une longue fréquentation des conseils municipaux. Conseiller municipal, adjoint, puis maire : il a progressivement gravi les échelons de la vie locale. Il est aujourd'hui maire du Sautel et premier vice-président de la communauté de communes du Pays d'Olmes.
« C’est aujourd’hui mon quatrième mandat de maire. Avant cela, j’ai été adjoint au maire, puis conseiller municipal, Et avant ça, j'ai fait un mandat adjoint au maire de Lavelanet qui s'appelait Jean-Michel à l'époque, en 1977, vous voyez ?. Toutes ces années d’engagement local m’ont permis d’acquérir une connaissance très concrète des réalités des petites communes »
Une qui expérience constitue le cœur de son discours de campagne. Pour lui, un sénateur "ne devrait pas seulement être un élu que les maires sollicitent lorsqu'un dossier bloque dans une administration", mais imagine plutôt être capable d'accompagner les collectivités en amont.
« Quand les gens viennent voir le sénateur, on écoute leurs problèmes, on regarde juridiquement ou économiquement vers où on peut aller », explique-t-il.
Une volonté de proximité qui n'est pas nouvelle dans son parcours. En 2022 déjà, Richard Moretto alertait publiquement sur les difficultés financières des communes rurales et sur leurs marges de manœuvre en matière de services publics.
« Il faut changer la société »
Si son expérience a forgé sa motivation, ce maire rural et ancien agriculteur, porte des ambitions plus politiques. Avec sa candidature, explique-t-il, il veut peser directement sur les choix nationaux et de faire du mandat sénatorial un outil pour « changer la société ».
« Ce qui me pousse à me présenter, c’est d’abord une conviction : celle qu’il faut changer la société, parce que la situation devient de plus en plus difficile. Le Sénat permet de déposer des propositions de loi, de créer des commissions et de faire avancer concrètement les choses. Si je suis élu, je siégerai au sein du groupe communiste au Sénat. C’est un groupe qui a déjà permis de faire avancer plusieurs dossiers, notamment celui des secrétaires de mairie ou encore des retraites agricoles, avec le relèvement du niveau des pensions à 85 % du Smic. Ce sont des avancées qui montrent qu’il est possible de faire bouger les choses. La commission d’enquête du Sénat sur les aides publiques aux entreprises a également mis en lumière les sommes considérables qui leur sont versées. Quand on nous dit qu’il n’y a pas d’argent, je pense qu’il y a surtout des choix à faire sur la manière dont il est utilisé. Et si je représente l’Ariège, ce sera l’ensemble du département que je défendrai, de la montagne au piémont et jusqu’à la basse Ariège. »
Le tungstène de Salau, dossier emblématique
Parmi les dossiers ariégeois qu'il veut porter au Sénat, un nom revient avec insistance : Salau.
« Il y a aussi un sujet qui me tient particulièrement à cœur : le projet d’exploration du tungstène en Ariège. Si je suis élu, l’une de mes premières démarches sera d’adresser des questions écrites au gouvernement pour comprendre pourquoi le projet porté par Neometal n’a pas été retenu et pourquoi celui de Variscan a été privilégié. Il faut aussi comprendre les raisons de la réactivation d’un permis d’exploration qui, de mon point de vue, était arrivé à échéance. Au-delà de ces questions, le tungstène représente un enjeu industriel important pour le territoire, avec des perspectives en matière d’emplois et d’approvisionnement en France. On parle potentiellement de 354 à 500 emplois et d’un enjeu d’autonomie pour la France sur cette ressource. C’est un dossier sur lequel je souhaite obtenir des réponses claires et défendre les intérêts de l’Ariège. »
Françoise Engler, une suppléante au parcours de terrain

À ses côtés, Françoise Engler partage un parcours marqué par le terrain. Ancienne salariée du textile dans le Pays d’Olmes, elle s’est ensuite reconvertie dans la fonction publique après son départ pour l’Île-de-France. Élue à plusieurs reprises, notamment à Villeneuve-d’Olmes puis en région parisienne, elle est également engagée de longue date dans le syndicalisme et le PCF, dont elle est aujourd’hui secrétaire départementale en Ariège.
« Elle a quitté la région pour s’installer en Île-de-France, où elle a passé un concours et intégré la fonction publique. Elle y a ensuite exercé plusieurs mandats municipaux. Elle dispose donc de toutes les compétences et de l’expérience nécessaires pour exercer ce mandat. »





