À quelques jours des élections sénatoriales du 27 septembre, l’Ariège s’apprête à choisir son unique représentant au Palais du Luxembourg. Dans un département où le scrutin se joue au suffrage universel indirect, 628 grands électeurs sont appelés à départager huit candidats. Parmi eux, le sénateur sortant Jean-Jacques Michaud, qui brigue un second mandat en candidat « libre », sans l’investiture du Parti socialiste.

L’élection sénatoriale ariégeoise ne manque donc pas de singularité. Un seul siège est à pourvoir et le scrutin est majoritaire à deux tours. Face au sortant, sept autres candidats ont déposé leur candidature : Kamel Chibli (Parti socialiste), Jean-Luc Fernandez (divers),Jean-Marc Garnier (Rassemblement national), François Lafon (La France insoumise), Jérôme Azéma (divers centre), Richard Moretto (Parti communiste français) et Capucine Dubroca-Voisin (Les Écologistes).

« Poursuivre le travail engagé au service du territoire »

Dans cette campagne à huit, Jean-Jacques Michau se présente dans une configuration particulière : sénateur sortant, il brigue un second mandat sans l’investiture du Parti socialiste, qui a désigné Kamel Chibli à l’issue de sa consultation interne du 28 mai. Jean-Jacques Michau, qui n’a pas participé à cette désignation, a néanmoins maintenu sa candidature et défend la continuité de son action, avec la volonté de « poursuivre le travail engagé au service du territoire », explique t'il.

« Je suis un élu qui comprend toutes les difficultés, bien réelles, exprimées par mes pairs lors de mes rencontres. Après avoir exercé des responsabilités de directeur en mairie et au service d’une intercommunalité, j’ai durant trois mandats successifs assumé les fonctions de maire de Moulin-Neuf, président de la Communauté de communes de Mirepoix et président d’un syndicat intercommunal (et interdépartemental) à vocation éducative. J’ai été président du PETR de l’Ariège et je viens d’être réélu président de l’Association des maires et des élus de l’Ariège. Avec un tel parcours, je peux dire aux Grands électeurs les yeux dans les yeux : “Je suis des vôtres !”. »

Un parcours d'abord ancré dans l'éducation 

Avant de se lancer en politique, Jean-Jacques Michau était enseignant. Il a exercé dans plusieurs secteurs de l’Ariège, notamment auprès d’enfants en difficulté scolaire.

« Je suis instituteur, maintenant professeur des écoles. […] J’ai aussi été enseignant dans l’éducation populaire, aux Francas et à la Ligue de l’enseignement. Ces mouvements ont un peu fondé mon engagement. »

« Je tiens à rester conseiller municipal »

Élu sénateur en 2020, Jean-Jacques Michau siège à la commission des affaires économiques et préside le groupe d’études sur l’économie sociale et solidaire. Ancien maire de Moulin-Neuf et président de la communauté de communes du Pays de Mirepoix, il est aujourd’hui conseiller municipal et président de l’Association des maires et des élus de l’Ariège.

« Je tiens à rester conseiller municipal parce que la fonction de sénateur, c’est constitutionnellement le représentant des territoires.Je pense important d’avoir un mandat local dans une petite commune, comme bon nombre de communes de notre département, pour être les mains dans le cambouis, comme tout le monde, et être au plus près des réalités. »

Agriculture et énergie : deux dossiers au cœur de son mandat

Au Sénat, Jean-Jacques Michau siège à la commission des affaires économiques, avec deux dossiers au cœur de son activité : l’agriculture et l’énergie.

« Je siège à la commission des affaires économiques. Je me suis particulièrement investi sur deux sujets : l’énergie et l’agriculture. Plus globalement, je travaille aussi sur les questions liées aux collectivités et aux communes, que je fréquente et parcours depuis six ans, et désormais de manière encore plus régulière. »

« La cellule de base dans notre République française, c’est la commune »

S’il fallait retenir une seule idée de son discours de campagne, ce serait peut-être celle-ci : "la commune", qu'il considère comme une réponse aux difficultés actuelles.

« Moi, je pense que la cellule de base dans notre République française, c’est la commune. Je n’ai rien contre les intercommunalités, dont j’ai été président pendant 19 ans. Mais pour moi, la cellule de base, c’est la commune. C’est là que se gèrent les questions de proximité, de solidarité et de lien social. Dans un monde compliqué, je suis persuadé qu’une partie des solutions viendra des territoires et de ces femmes et ces hommes qui, dans la ruralité, portent encore ce sens de la solidarité et de la proximité ».

En lice avec Sylviane Lavédrine-Goguillot comme suppléante

Jean-Jacques Michau est donc bien dans la course, avec à ses côtés Sylviane Lavédrine-Goguillot, première adjointe au maire de Saint-Girons. Engagée dans la vie publique du Couserans, l’élue préside l’entreprise à but d’emploi UBAC, née de l’expérimentation « Territoire zéro chômeur de longue durée » (TZCLD), un dossier sur lequel elle a déjà travaillé avec le sénateur.

Membre du bureau de la Communauté de communes Couserans-Pyrénées et vice-présidente du Parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises, elle complète un binôme ancré dans les territoires.

Face à un choix politique

Reste la question de la succession politique à gauche. Pour rappel, en 2020, Jean-Jacques Michaud avait été élu dès le premier tour avec 314 voix sur 593 suffrages exprimés (52,95 %), succédant alors à Alain Duran.

Six ans plus tard, le contexte a changé : le sénateur sortant se présente sans l’investiture socialiste, mais avec la volonté de  inébranlable de « rester connecté au quotidien des communes ».