Elle connaît les transports, mais aussi les réalités d’un territoire où la voiture reste souvent indispensable. Candidate écologiste aux élections sénatoriales, Capucine Dubroca-Voisin est installée depuis deux ans à Arien-Bethmale, au-dessus de Castillon-en-Couserans. Elle a auparavant vécu notamment à Paris et à Londres. Originaire du Pays basque, elle revendique ses « racines pyrénéennes ».
Chercheuse en transport
Titulaire d’un doctorat en transport de l’École nationale des Ponts et Chaussées, Capucine Dubroca-Voisin y enseigne toujours et poursuit ses activités de recherche.
"J'ai un doctorat en transport de l'École nationale des Ponts et Chaussées. Et j'y enseigne toujours, de fait. Je suis chercheuse en transport. Ma spécialité, c'est les foules ferroviaires. Il s’agit notamment de gérer les flux de personnes dans les grandes gares. En Ariège, je travaille beaucoup à distance, notamment sur les données de recherche et les entretiens. Je me déplace ensuite régulièrement sur le terrain, en France — notamment à Paris, Lyon et Marseille — ainsi qu’en Europe pour participer à des conférences scientifiques."
De la connaissance à l’action
Capucine Dubroca-Voisin se présente d’abord comme une candidate issue de la société civile. Son engagement ne date toutefois pas de la campagne sénatoriale. Elle contribue notamment à Wikipédia depuis l’âge de 14 ans. Devenue progressivement animatrice d’ateliers puis investie dans le mouvement Wikimédia, elle a longtemps défendu l’idée "que le partage des connaissances pouvait contribuer à transformer la société.".
« Il faut aussi aller accompagner les gens explique la candidate. Tout ce que je fais dans la vie, c'est pour un monde meilleur, comprendre les problèmes et trouver les solutions. J'essaye de le faire aussi sur le terrain. C'est pour ça que je suis chercheuse en entreprise. Et puis, naïvement, pendant très longtemps, j'ai cru qu'il suffisait de fournir la connaissance aux gens pour que ça suffise. Mais manifestement, ça ne suffit pas. Il faut aussi aller accompagner les gens. Et c'est ça qui me motive. »
« Il faut embarquer les territoires ruraux »
Face à l’urgence climatique et à l’érosion de la biodiversité, Capucine Dubroca-Voisin considère que « la connaissance scientifique doit désormais être accompagnée de décisions politiques ».
"il y a l'urgence écologique. On n'a jamais eu un été aussi chaud. On a un effondrement de la biodiversité. L'acidification des océans. Enfin, je ne vous refais pas le tableau. On est en train de dépasser la plupart des limites planétaires. Il faut faire quelque chose. On n'est pas d'accord sur le moyen. Donc, l'idée de m'engager, c'est de ça."
La candidate défend notamment l’idée d’un « droit à la mobilité » : « chacun devrait pouvoir se déplacer sans être contraint de posséder une voiture ou de parcourir quotidiennement de longues distances.»
Et pourquoi le Sénat ?
"Parce que c'est une assemblée qu'il faut féminiser, rajeunir. Il y a beaucoup de choses à faire (...). Donc moi, j'ai tendance à avoir un profil qui cherche le consensus, un profil plutôt technique. Là, j'ai passé deux mois à vraiment faire du terrain pour rencontrer les grands électeurs, les grandes électrices, les maires, etc. J'en ai rencontré une centaine maintenant."
Une nouvelle loi montagne
Parmi les propositions qu’elle souhaite porter figure une nouvelle loi montagne. La candidate estime que les dispositifs existants ne permettent plus de répondre suffisamment aux difficultés des territoires de montagne et ruraux.
Sa vision des choses : travailler avec d’autres élus de territoires montagnards, ruraux et ultramarins afin d’identifier les problématiques communes et de construire un nouveau cadre législatif, que ce soit pour des questions de mobilité, d’accès aux services, d’activité économique ou de financement des collectivités.
« Il faut y aller loi par loi, décret par décret, règlement par règlement », résume-t-elle, défendant un Sénat du « temps long » compatible avec son profil « technique » tourné vers la recherche de consensus.
Gravières, économie rurale et services publics
Elle propose également un moratoire sur l’extension des gravières, en misant notamment sur le recyclage des matériaux de construction. Plus largement, l'Ariégeoise défend un soutien renforcé aux entreprises et associations rurales, avec une meilleure prise en compte de leurs contraintes en matière de mobilité, de recrutement et d’ingénierie. Pour le désenclavement, elle privilégie des investissements ciblés et le renforcement des services locaux plutôt que de grandes infrastructures routières.
Un binôme avec Salomé Angrieux-Patard

Capucine Dubroca-Voisin se présente avec Salomé Angrieux-Patard, originaire de Foix, et investie dans le tissu associatif local.
En plus d'être professeure de français, elle est très investie dans le tissu associatif. Elle est présidente d'associations, notamment, qui organisent des marchés d'artisanat. Donc, on est un duo féminin, un jeune.
La candidate décrit leur binôme comme complémentaire : d’un côté, son parcours scientifique, professionnel et syndical ; de l’autre, une expérience davantage tournée vers l’enseignement, l’engagement associatif et la vie locale. Toutes deux ont également connu des expériences en dehors de l’Ariège avant de revenir s’y installer.
Capucine Dubroca-Voisin souhaite ainsi faire entendre au Sénat une voix nourrie par la recherche, le syndicalisme et l’engagement associatif. Pour cette chercheuse spécialisée dans les mouvements de foule, l’enjeu est désormais de mettre son expertise au service de l’action publique.





