Après deux jours de mobilisation lycéenne en Ariège, le préfet, le procureur de la République et le directeur académique ont dressé jeudi soir un premier bilan des événements. Si plusieurs rassemblements se sont déroulés dans le calme, notamment à Mirepoix, les autorités dénoncent des violences à Pamiers et Ferrières-sur-Ariège.

Des menaces de mort sur un proviseur

« Je n’accepterai aucune menace proférée contre les enseignants ou les fonctionnaires. », a introduit Hervé Brabant, le préfet de l'Ariège, qui qualifie la situation d'inédite, et de reprendre : « Les forces de l’ordre qui sont intervenues aujourd’hui ont mon total soutien. ». 

Une fermeté qui se traduit aussi sur le plan judiciaire, puisque les blocus des lycéens en Ariège ont donné lieu à six gardes à vue depuis le début des mobilisations, selon le procureur de la République : cinq mineurs et un majeur. Elles seraient liées à différents faits survenus en marge des blocages d’établissements.

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Parmi ces procédures, un mineur de 16 ans a  été placé en garde à vue pour des menaces de mort visant le proviseur du lycée Gabriel-Fauré. La mesure a depuis été levée, mais l’enquête se poursuit et d’autres personnes sont recherchées.

" Une première garde à vue a été prise hier soir contre un mineur de 16 ans. Elle a été levée. C'est un mineur qui serait impliqué dans les menaces de mort proférée à l'encontre du proviseur du lycée Gabriel Fauré. La garde à vue a été levée, l'enquête se poursuit, et nous sommes en cours d'identification d'autres personnes qui ont tenu de tels propos sur les réseaux sociaux.", a détaillé le procureur Olivier Mouysset.

"Un majeur convoqué devant le tribunal au premier trimestre 2027"

À Pamiers, "un majeur" interpellé "pour sa participation à un attroupement malgré les sommations de dispersion" a reconnu les faits, selon le parquet. Il sera convoqué devant le tribunal correctionnel de Foix au premier trimestre 2027, a t'il indiqué.

Un autre mineur, entendu "pour violences sur des personnes dépositaires de l’autorité publique et rébellion", n’a finalement pas été poursuivi, les violences étant jugées insuffisamment caractérisées. Il a en revanche fait l’objet d’une mesure de réparation pour rébellion.

Deux autres procédures concernent des jets de projectiles contre les forces de l’ordre et des dégradations. L’un des mineurs devait être présenté au palais de justice, tandis qu’une nouvelle garde à vue avait été décidée ce jeudi soir.

"Les enquêtes se poursuivent, notamment grâce aux images disponibles, et d’autres interpellations pourraient intervenir dans les prochains jours."

"Des dizaines d'individus aux visages masqués"

Autre élément évoqué par le préfet : la présence de plusieurs dizaines de personnes aux visages dissimulés, notamment à Pamiers. Interrogé sur leur profil, il a indiqué ne pas être en mesure, à ce stade, de déterminer s’il s’agissait uniquement de lycéens ou de personnes extérieures aux établissements.

"Des individus qui se sont livrés à des faits pénalement répréhensibles et avaient le visage plus ou moins dissimulé, ce ne sont pas un ou deux mais des dizaines"

 Des enquêtes sont en cours pour identifier les auteurs des violences et déterminer leur implication dans les dégradations et les affrontements avec les forces de l’ordre.

Des violences « inédites » en Ariège, selon le préfet

Pour Hervé Brabant, le préfet de l’Ariège  ces événements sont « totalement inédits » dans le département, évoquant des scènes de violences urbaines avec des tirs de mortiers, des jets de pierres et des incendies de poubelles.

Il distingue toutefois la mobilisation lycéenne et les violences commises en marge des rassemblements. Selon lui, la grande majorité des jeunes présents souhaitaient exprimer leurs revendications sans violence.

Concernant les événements de jeudi matin à Pamiers, le préfet a assuré que des engins pyrotechniques ont été utilisés et que des violences ont suivi les sommations de dispersion. Il a évoqué notamment des jets de pierres et de pavés contre les forces de l'ordre.

Les établissements scolaires devaient rester ouverts vendredi. Le préfet indiquait que les forces de l'ordre seraient mobilisées en fonction de la situation et appelait à renouer avec le dialogue.