Dès 7 heures, plusieurs dizaines de lycéens ont bloqué l’entrée principale du lycée du Castella, en plein centre de Pamiers. Barrières, palettes et panneau de chantier : l’accès à l’établissement a été rapidement condamné.

Dans les rangs, les revendications portaient notamment sur Parcoursup et sur l’amplitude des journées de cours.  Peu à peu, la mobilisation s’est organisée. Des représentants de la CGT, de la FSU et de Solidaires étaient présents pour apporter un soutien matériel aux élèves.

Le moment où la tension bascule

Vers 9 heures, le climat change alors brutalement. Les policiers, jusque-là en retrait, "ont enfilé leurs casques", expliquent des témoins,  puis ont fait usage de gaz lacrymogène pour évacuer le blocus.

Toujours selon plusieurs témoins, une sommation aurait précédé l’intervention, "mais elle n’aurait pas été entendue par les personnes présentes sur place." 

C’est dans ce contexte qu’un professeur de français, également responsable syndical à la FSU, aurait tenté de s’interposer entre les forces de l’ordre et les lycéens. Selon Sophie Viera, il a été gazé puis conduit au commissariat de Pamiers, où il a été placé en garde à vue. Son fils, lycéen, a également été placé en garde à vue.

De son coté, la préfecture explique dans un communiqué certains manifestants, dont certains auraient dissimulés leurs visages, ont mis le feu à des containers poubelles, tiré des mortiers et caillassé les forces de l'ordre. Dans faits contestés par plusieurs personnes présentes, notamment des responsables syndicales.

« Les lycéens étaient sur un rassemblement pacifiste »

Présente sur place, la responsable de la CGT 09 conteste fermement la nécessité de l’intervention policière.

« Les élèves et les lycéens étaient sur un rassemblement pacifiste. Ça, il faut quand même le retenir. On ne va pas renverser la tendance en disant que la police a utilisé la force parce que les lycéens dégradaient. Ce n’est pas vrai. »

La syndicaliste reconnaît des « agitations » et évoque quelques « petits pétards », mais estime que les jeunes présents n’avaient pas d’intention violente. 

« Ils sont mineurs. Ils ne faisaient rien de mal. Il n’y avait pas de gros faits de violence et de casse », affirme-t-elle. Et de souligner également que certains participants vivaient leur première expérience de blocage d’un lycée.

Des tensions jusqu’au centre-ville

Après l’évacuation du blocus, la situation est restée tendue aux abords de l’établissement, notamment au pied de la cathédrale Saint-Antonin.Des gaz lacrymogènes ont été utilisés à plusieurs reprises. 

Sophie Viera affirme par ailleurs qu’un journaliste de La Dépêche du Midi aurait lui aussi été gazé et molesté alors qu’il couvrait les événements. Et a été menacé d'interpellation par les forces de l'ordre. 

Ces incidents interviennent après les violences survenues la veille devant le lycée professionnel Irénée-Cros.

Les syndicats demandent des explications à la préfecture

Si le calme est revenu progressivement  la mobilisation pourrait se poursuivre. La CGT, la FSU et Solidaires doivent rencontrer la préfecture de l’Ariège à 14 heures, avec l’objectif, selon Sophie Viera, de demander des explications sur l’intervention et les conditions dans lesquelles le professeur et le lycéen ont été placés en garde à vue.

La CGT annonce également son soutien au professeur concerné.

À ce stade, les circonstances exactes de l’intervention policière et les faits reprochés aux deux personnes placées en garde à vue restent à préciser.