« Facilitateur ». Voilà le mot qui revient plusieurs fois dans la bouche de Jérôme Azéma lorsqu’il évoque ce que devrait être, selon lui, "le rôle d’un sénateur". Faciliter la vie des maires. Faciliter leurs projets. Faciliter l’application des lois dans les territoires ruraux. Et, surtout, faire remonter à Paris ce qui se vit dans les communes ariégeoises.

À quelques jours du scrutin sénatorial du 27 septembre, le candidat entend ainsi faire de la proximité le fil rouge de sa candidature. En Ariège, il est l’un des huit candidats en lice pour le seul siège de sénateur à pourvoir.

À 53 ans, Jérôme Azéma n'arrive pas dans cette campagne par hasard. Né à Foix, il y a effectué toute sa scolarité avant de poursuivre ses études à Toulouse. Ingénieur de formation, il a d'abord travaillé treize ans dans l'industrie de haute technologie, dans la conception de téléphones mobiles.

Puis il a changé de décor. Pendant dix-neuf ans, il a dirigé une entreprise dans l'édition musicale. Une trajectoire professionnelle atypique qui l'a finalement ramené en Ariège en 2010.

« Depuis trois ans, je suis chargé d’animer la relation entre l’école et l’entreprise au sein de l’Académie de Toulouse, et plus particulièrement en Ariège. Mon rôle consiste à développer, dans les collèges et les lycées, notamment professionnels, les dispositifs qui favorisent une meilleure orientation, une meilleure formation et une meilleure insertion des jeunes. Cela passe notamment par le développement de l’apprentissage et par l’adaptation de nos formations professionnelles aux besoins du monde économique, avec lequel je suis en contact permanent. », résume-t-il.

« Ariège 2040 », une feuille de route construite avec les élus

Conseiller municipal de Foix et conseiller communautaire du Pays de Foix-Varilhes entre 2020 et 2026, Jérôme Azéma avait déjà tenté sa chance aux sénatoriales en 2020. Cette fois, il préfère "prendre le temps d'écouter avant de proposer."

Depuis plusieurs mois, il sillonne le département et échange les élus locaux. Une démarche dont il a tiré un document baptisé « Ariège 2040 ».

« J’ai restitué dans un livret, “Ariège 2040”, tout ce que j’ai entendu des élus locaux. Plusieurs priorités ressortent : les mobilités, qu’elles soient numériques, routières ou ferroviaires ; l’agriculture et la Politique agricole commune ; et l’attractivité économique, avec notamment la réindustrialisation de territoires comme le pays de Tarascon, le pays d’Olmes et le Couserans. Tout cela doit permettre de conforter nos services publics, notamment dans la santé, l’éducation et la culture. »

« Partir du terrain plutôt que d'un programme ficelé »

Un véritable état des lieux "de plus de 280 communes" sur les 325 que compte le département, souligne de le candidat, pour ne pas arriver avec un programme ficelé, mais « à l'image des problématiques des élus du territoire », explique-t-il.

« Je suis intimement persuadé que le rôle du sénateur, c'est d'être un facilitateur de la vie des élus locaux, en constituant une équipe très locale,  en faisant des lois qui soient plus réalistes et plus applicables, notamment dans nos territoires ruraux, parce que c'est un travail important que nous avons à faire en tant que représentants des territoires, et puis également facilitateurs de l'attractivité de la ruralité, et en particulier de l'Ariège.  », affirme-t-il.

Les élus locaux, dit-il, lui ont régulièrement parlé de leur difficulté à appliquer des dispositifs conçus à l'échelle nationale mais qui ne tiennent pas toujours compte des réalités rurales. : « Les lois faites souvent par des urbains, qui sont représentés beaucoup à l'Assemblée nationale, nous devons les appliquer et elles sont parfois inapplicables dans nos territoires ruraux. »

Mobilités, industrie, agriculture : les dossiers qu'il veut porter

Dans son « Ariège 2040 », Jérôme Azéma fait ressortir trois priorités issues de ses échanges avec les élus : les mobilités — routes, trains et numérique —, l’agriculture et la Politique agricole commune, et surtout l’attractivité économique. Il veut notamment accompagner la réindustrialisation du pays de Tarascon, du pays d’Olmes et du Couserans. « Il faut accompagner les élus locaux pour réindustrialiser des secteurs entiers de l’Ariège qui ont été désindustrialisés », défend-il. Avec, en ligne de mire, le maintien et le développement des services publics, de la santé à l’éducation en passant par la culture.

"Une équipe" plutôt qu'un simple binôme

Pour l'accompagner, Jérôme Azéma a choisi Anne-Sophie Tribout comme suppléante.

Enseignante dans la voie professionnelle, originaire du pays d'Olmes, ancienne conseillère municipale de Saint-Jean-de-Verges et conseillère communautaire, elle connaît elle aussi les rouages des collectivités locales. Le choix n'est donc pas seulement géographique : Jérôme Azéma insiste sur la relation de travail déjà construite entre eux.

« J’ai souhaité avoir une suppléante opérationnelle, avec laquelle je sais qu’on peut travailler et qui pourra, comme moi, être au soutien des élus locaux pendant six ans. C’est un sujet qui est ressorti très fortement de mes échanges avec eux : la nécessité d’un accompagnement de proximité. J’ai donc privilégié un collaborateur parlementaire dédié au Couserans, pour accompagner les élus de ce territoire dans la durée. Plutôt que de faire une simple répartition géographique sur un bulletin de vote, j’ai préféré constituer une équipe de cinq : moi, ma suppléante et trois collaborateurs parlementaires, avec l’idée d’être présents sur le terrain et au service des élus. »

« Je ne suis membre d'aucun parti politique »

Jérôme Azéma revendique son indépendance politique. Classé « Divers centre » par la préfecture, il assure n’être membre d’aucun parti et souhaite rejoindre, s’il est élu, le groupe des Indépendants au Sénat, où « il n’y a pas de consigne de vote ».

Une candidature qu’il présente comme le prolongement de son parcours d’ingénieur, d’entrepreneur et d’ancien élu local.