Fragilités économiques, tensions de trésorerie, pression sur la ressource en eau, recul de certaines productions, difficultés de renouvellement des générations et enjeux d’attractivité : les signaux d’alerte se multiplient dans le département. Face à cette accumulation de difficultés, les trois chambres consulaires ont souhaité porter un constat commun et attirer l’attention de l’État sur les risques qui pèsent sur l’avenir économique et territorial de l’Aude.
"Ces difficultés ne relèvent plus d’un simple risque ou d’une fragilisation à venir. Elles traduisent déjà un recul durable de l’activité, qui affecte l’économie productive du département et dont les conséquences se font sentir sur l’emploi, l’investissement et l’attractivité du territoire", précise la Chambre d’agriculture de l’Aude dans un communiqué de presse.
Les représentants consulaires ont également alerté sur la vulnérabilité particulière du département face au changement climatique.
"L’Aude ne peut devenir le laboratoire silencieux de ses conséquences. Derrière la raréfaction de l’eau et le recul des capacités de production se dessine le risque d’une véritable désertification climatique, à laquelle le territoire doit se préparer et répondre collectivement", poursuit la Chambre d’agriculture de l’Aude.
Au-delà des difficultés propres à chaque secteur, les trois présidents ont tenu à souligner leur dimension systémique. Pour eux, ces fragilités ne peuvent être abordées séparément : elles témoignent d’un risque plus global de déstabilisation économique et territoriale, qui appelle une mobilisation coordonnée des acteurs publics et économiques.
"Les échanges ont permis de constater une analyse largement partagée des enjeux auxquels le département est confronté et la nécessité d’engager dès à présent un travail collectif tourné vers les solutions", indique la Chambre d’agriculture dans son communiqué.
Les chambres consulaires entendent ainsi dépasser le stade de l’alerte pour contribuer à l’élaboration de réponses concrètes. Chacune travaille déjà, dans son domaine de compétence, à identifier des leviers d’action adaptés aux besoins des entreprises, des exploitations agricoles, des commerçants et des artisans, mais aussi à ceux de l’ensemble du tissu économique départemental.
À l’issue de cette rencontre, les chambres consulaires et les services de l’État sont convenus d’engager, dans les prochaines semaines, un travail commun afin de formuler des propositions concrètes autour de plusieurs enjeux prioritaires : la gestion de l’eau, l’adaptation au changement climatique, l’investissement productif, l’emploi, les compétences et l’attractivité du territoire.
L’objectif affiché est de construire, d’ici à la fin de l’année, un Pacte de résilience et de reconquête pour l’Aude, fondé sur une vision partagée et des actions concrètes au service du développement économique, de l’adaptation aux mutations en cours et de la vitalité du département.





