À force de tirer sur la corde, elle finit par se tendre. Et, chez les sapeurs-pompiers ariégeois, « le modèle atteint ses limites », expliquent les représentants de la profession, venus lundi 12 octobre faire entendre leurs inquiétudes.

« On arrive un peu au bout d’un système en termes d’effectifs »

Devant l’Hôtel du Département, plusieurs dizaines de personnels du SDIS 09 — sapeurs-pompiers professionnels, volontaires et personnels administratifs et techniques — se sont réunis, juste avant le conseil d’administration du service départemental d’incendie et de secours (CASDIS).

Pour Mathieu Faure, sapeur-pompier et représentant du SPASDIS, l’objectif est d’alerter les élus sur les difficultés rencontrées par le service.

« On souhaite ce soir alerter les élus sur la problématique des moyens du SDIS de l’Ariège »

Les effectifs constituent l’une des principales préoccupations de la profession.

« Ça fait longtemps qu’on alerte par rapport à la problématique des effectifs notamment, et l’été qu’on a passé, que ce soit au niveau national ou départemental, on s’est rendu compte qu’on arrivait un peu au bout d’un système en termes d’effectifs, que ce soit chez les sapeurs-pompiers volontaires ou les personnels administratifs du SDIS, en termes de moyens pour, entre autres, pouvoir assurer la sécurité des pompiers quand ils sont en intervention. »

Manque de budget, manque d’effectifs et été sous tension : la profession estime que la situation devient préoccupante. « Ce qui pouvait encore être considéré hier comme exceptionnel risque demain de devenir la norme », insistent les représentants des personnels.

Cette inquiétude intervient alors que le directeur du SDIS de l’Ariège, Olivier Blanco, avait déjà alerté en janvier dernier sur la hausse continue de l’activité. En 2025, le service avait enregistré une progression de 13 % du nombre d’interventions, avec près de 9 500 sorties, soit plus de 1 000 interventions supplémentaires par rapport à l’année précédente.

Des secours qui peinent à répondre à la demande

Une évolution que Patrick Antonnuitti, président de l’Union départementale des sapeurs-pompiers de l’Ariège, juge préoccupante.

« L’été que nous venons de vivre a été particulièrement difficile, notamment avec les feux de forêt, y compris en Ariège. Il faut donc que cette évolution soit prise en compte(...). En semaine, c’est compliqué parce que les sapeurs-pompiers volontaires travaillent, on a des sapeurs-pompiers professionnels, mais l’activité devient de plus en plus importante et on a du mal à faire face à la demande des secours. On veut de la discussion avec nous élus pour essayer de trouver des solutions en termes effectivement de budget, mais aussi de recrutement de sapeurs-bompiers professionnels. »

La fatigue des sapeurs-pompiers volontaires inquiète

De son côté, Marie-Laure Chomez, présidente du SNSPP PATS de la section Ariège, insiste sur la mobilisation des volontaires. Elle souligne « le travail remarquable » accompli par ces derniers, mais alerte également sur la fatigue accumulée.

« On sollicite énormément les pompiers volontaires, et aujourd’hui, ce qu’on veut que les élus entendent, c’est qu’il faut qu’on puisse renforcer nos effectifs de façon à ce que tout le monde puisse travailler dans une forme d’équilibre. On sent qu’il y a une petite tension, des difficultés de la fatigue, et la réunion de ce soir va nous permettre tout simplement d’alerter les élus de façon uniforme »