Ce mardi 29 septembre, plus de 1 000 personnes ont défilé dans les rues de Foix à l’appel de l’intersyndicale. Fonction publique, pouvoir d’achat, coût de la vie : derrière les banderoles, une même colère contre la dégradation des conditions de travail et le gel du point d’indice.

« Il faut sauver le service public »

Dans le cortège, les trois versants de la fonction publique — État, hospitalier et collectivités territoriales — étaient représentés.

Fabrice Alabarbe, animateur de la coordination syndicale CGT 09 Photo SL

« Aujourd’hui, nous sommes réunis non plus pour défendre les services publics, mais pour les sauver », lance Fabrice Alabarbe, animateur de la coordination syndicale CGT 09 des territoriaux.

Le syndicaliste dénonce une dégradation continue depuis la loi de transformation de la fonction publique de 2019 : « La fonction publique est attaquée de toutes parts, et la situation s’aggrave d’année en année. Depuis 2000, le point d’indice n’a progressé que de 15 %, alors que, sur la même période, l’inflation a dépassé les 50 %. »

Plus de 1000 personnes ont défilé dans les rues de Foix ce mardi 29 septembre - photo SL

« Les prix des carburants et des denrées alimentaires s’envolent »

En Ariège, département rural où la voiture reste indispensable, la question du carburant cristallise aussi les revendications.

« Ici, beaucoup de personnes sont contraintes d’utiliser leur voiture pour se rendre au travail ou accéder aux services. La hausse du prix des carburants a donc un impact crucial pour l’ensemble des citoyens », souligne Fabrice Alabarbe.

Antoine Loguillard, responsable de l’UNSA Éducation 09 Photo SL

Antoine Loguillard, responsable de l’UNSA Éducation 09, juge de son côté la mobilisation importante « vu le contexte ».

« Les prix des carburants et des denrées alimentaires s’envolent, et nous vivons une quatrième année de gel du point d’indice », dénonce-t-il.

Alors que se prépare le budget 2027, il redoute la poursuite du gel : « De 2024 à 2026, nous avons eu un gel du point d’indice. Il est prévu que ce gel continue. Évidemment, cela coûte deux milliards d’euros de revaloriser les salaires, mais on ne peut pas accepter cela ! »

Le syndicaliste dénonce un « double décrochage » : face à l’inflation, mais aussi par rapport au secteur privé. « On n’arrive plus à boucler les fins de mois, notamment lorsqu’on est en catégorie C ou en catégorie B. »

Et d’ajouter : « Dans les entreprises, il y a des négociations annuelles obligatoires sur les salaires, qui prévoient souvent, a minima, de couvrir l’inflation. Ce n’est pas le cas du premier employeur de notre pays, qui est l’État. »

À l’hôpital, « des travailleurs qui s’appauvrissent »

Dans les rangs de Force ouvrière, le constat est similaire. Bernard Malbert, secrétaire départemental du groupe Force ouvrière santé pour l’Ariège, dénonce un gouvernement qui « n’entend pas ».

Bernard Malbert, secrétaire départemental du groupe Force ouvrière santé pour l’Ariège

« Une fois de plus, on manifeste. Ce ne sera malheureusement pas la dernière fois, pour faire comprendre à ce gouvernement qui ne nous écoute pas du tout qu’il faut qu’il prenne soin de tous les services publics, notamment du milieu hospitalier », affirme-t-il.

Pour le syndicaliste, la question salariale est centrale : « Cela passe nécessairement par des négociations salariales. La vie coûte très cher tous les jours. Nous sommes des travailleurs qui nous appauvrissons tout au long de l’année. »

Les lycéens rejoignent le mouvement

Photo Noa Gauthey

La mobilisation ne s’est pas limitée aux agents publics. Dès le matin, plusieurs lycées ont été bloqués par des élèves dénonçant le manque de moyens et les absences de professeurs.

Dans les rues de Foix, leur colère s’affichait sur les pancartes : « Merci pour le bac de maths, on va pouvoir compter le nombre de fois où le gouvernement nous a niqués ».

Une colère qui a résonné jusque sur et autour de la statue de Joseph Lakanal, défenseur de l’instruction publique sous la Révolution. Un symbole de l’éducation devenu, le temps de la mobilisation, le point de convergence des revendications.