À Pamiers, le mouvement lycéen a de nouveau investi la rue ce mardi matin. Le cortège s’est élancé vers 11 heures depuis la place du Mercadal, devant le lycée Pyrène, dans une ville et un département où plusieurs établissements étaient fermés pour la journée.
« La jeunesse a des revendications à porter »
Pour Sophie Viera, représentante de la CGT 09, ces fermetures ont directement pesé sur la mobilisation des lycéens.
« La jeunesse a des revendications à porter. Malheureusement aujourd'hui, par des décisions ou des arrêtés qui n'ont pas permis aux jeunes de se retrouver sur leurs lieux de scolarité, la mobilisation aurait été beaucoup plus intense si les jeunes avaient pu bénéficier des transports. »

Pour autant, plusieurs dizaines de lycéens étaient présents en tête du défilé. Parmi eux, Manon, élève de terminale au lycée du Castella, est venue manifester.
« On en a marre. Il faut bien faire changer les choses. Les revendications portées aujourd’hui concernent aussi les générations qui suivront. Même le manque d'AESH pour les personnes en situation de handicap, ce n'est pas normal. L'éducation, ce n'est pas quelque chose sur lequel on devrait faire des restrictions. »
Des salles à près de 30 °C et le stress de Parcoursup
À 16 ans, Céleste, lycéenne au Castella, porte elle aussi plusieurs revendications. La première concerne les conditions matérielles dans lesquelles les élèves suivent leurs cours.
« Nous avons beaucoup trop chaud dans nos salles de cours. Nous sommes à pratiquement 30 degrés avec pratiquement 40 élèves dans les salles. C'est juste pas possible. »

À cela s'ajoutent, selon elle, "le manque d’enseignants, de surveillants, de personnels administratifs et de psychologues scolaires", pointe la lycéenne qui souligne également la pression liée à Parcoursup, qui commence, selon elle, bien avant l’année de terminale.
Des revendications qui font écho à celles exprimées plus largement dans le mouvement lycéen national, qui porte notamment sur les moyens consacrés à l’Éducation et les conditions d’études. La CGT avait appelé à rejoindre les mobilisations du 6 octobre aux côtés des lycéens et des étudiants.
Enseignants et lycéens côte à côte
Dans les rangs du cortège, les personnels éducatifs expliquent eux aussi pourquoi ils ont choisi de rejoindre la mobilisation.
Antoine Loguillard dit être présent « en soutien des lycéens », mais également pour défendre des revendications communes avec eux. Il cite notamment les conditions de travail, l’état de certains bâtiments scolaires face aux fortes chaleurs, les difficultés de remplacement et la complexité des emplois du temps.
Pour Salomé, enseignante de 38 ans à Foix, la présence des adultes aux côtés des jeunes relève d'une forme de solidarité entre générations.
« On les défend souvent et on voit qu'ils savent se défendre eux-mêmes. Là, ils ont besoin de nous, donc il faut que nous soyons là pour eux et pour nos enfants et pour l'avenir. »
Et de résumer : « On ne touche pas à nos élèves. »
Le SNES-FSU de l’académie de Toulouse appelle quant à lui à soutenir les revendications lycéennes pour de meilleures conditions d’études et davantage d’égalité.
Après les tensions de jeudi, un passage devant le commissariat
La manifestation de ce mardi a également fait raisonner les tensions qui avaient éclaté jeudi dernier autour de la mobilisation lycéenne. Le préfet de l’Ariège avait dénoncé des violences qu’il qualifiait de « très graves et inédites ».
Les organisations syndicales contestent de leur côté la version des autorités sur le déroulement des événements et demandent un démenti concernant les interventions des forces de l’ordre.





