Depuis plusieurs semaines, le monde agricole est sous tension. En Ariège, la situation s’est brutalement aggravée après l’abattage de plus de 200 bovins, provoquant une mobilisation inédite des éleveurs. Dans ce climat électrique, une réunion s’est tenue entre les syndicats agricoles, les chambres d’agriculture et la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. Un échange que les représentants du secteur ont qualifié de « stérile » et empreint de mépris.

La colère des syndicats s’est exprimée sans détour à l’issue de la rencontre.


« Elle a osé faire une conférence de presse juste avant notre réunion. En gros, vous saviez tout avant nous. Et à cela s’ajoute une heure de retard : c’est un manque de respect incroyable », a dénoncé Sébastien Durand.

« Accélérer la vaccination généralisée des bovins »

Face à la propagation de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), le Gouvernement a annoncé un changement de braquet. À l’issue de deux réunions interministérielles présidées par le Premier ministre, l’exécutif a décidé d’accélérer la vaccination généralisée des bovins dans le Sud-Ouest afin de contenir l’épizootie.

Dans un communiqué, les services de l’État détaillent une stratégie renforcée, articulée autour de l’acheminement des vaccins, du durcissement des contrôles sur les transports de bovins et du soutien aux éleveurs.

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« Pour protéger tout le cheptel bovin français, le Gouvernement a décidé de vacciner l’intégralité des zones récemment touchées par le virus, en faisant évoluer sa stratégie sanitaire par la mise en place d’un cordon sanitaire empêchant la DNC de se propager », précise le communiqué officiel.

750 000 bovins concernés

La campagne de vaccination concernera les départements touchés par des foyers — Ariège, Aude, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées et Pyrénées-Orientales — ainsi que ceux intégrés au cordon sanitaire : Gers, Hérault, Landes, Pyrénées-Atlantiques et Tarn. Près de 750 000 bovins sont concernés au total.

La stratégie sera ajustée au jour le jour afin d’accélérer la couverture vaccinale. En Ariège, les 1 000 exploitations devront être intégralement vaccinées d’ici au 31 décembre 2025.

Vétérinaires mobilisés et renforts logistiques

Pour mener cette opération d’ampleur, les services de l’État mobiliseront, aux côtés des vétérinaires administratifs, des vétérinaires volontaires — en activité ou retraités — venus de toute la France, des vétérinaires militaires ainsi que des élèves vétérinaires. Les préfets auront la charge de piloter les plans départementaux de vaccination et d’en assurer le suivi. Des task forces dédiées pourront être déployées localement pour accélérer la prise en charge des élevages.

Côté logistique, l’approvisionnement en vaccins s’intensifie.


« Une nouvelle commande de doses vaccinales supplémentaires a été réalisée la semaine dernière et est en cours de conditionnement aux Pays-Bas. Une première livraison de 400 000 doses sera acheminée sur place par la mobilisation des logisticiens des armées et de la sécurité civile dès le 18 décembre », précise encore le communiqué.

Un fonds de soutien pour les éleveurs

En parallèle, le Gouvernement a annoncé l’activation d’un fonds de soutien de plus de 10 millions d’euros destiné aux petits élevages des zones touchées. Ce dispositif sera complété par des exonérations de charges fiscales et sociales, afin d’accompagner les exploitations les plus fragilisées par la crise.