Deuxième jour de mobilisation pour empêcher l’abattage de 208 vaches en Ariège : 600 personnes mobilisées
L’Ariège a connu ce jeudi 10 décembre une seconde journée de tension autour du GAEC de Mouriscou, aux Bordes-sur-Arize, où l’abattage intégral du cheptel reste envisagé après la confirmation d’un cas de dermatose nodulaire contagieuse. Une seule vache sur les 208 de l’exploitation a été testée positive, mais les protoc
L’Ariège a connu ce jeudi 10 décembre une seconde journée de tension autour du GAEC de Mouriscou, aux Bordes-sur-Arize, où l’abattage intégral du cheptel reste envisagé après la confirmation d’un cas de dermatose nodulaire contagieuse. Une seule vache sur les 208 de l’exploitation a été testée positive, mais les protocoles actuels imposent l’euthanasie du troupeau.
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Depuis l’aube, plusieurs centaines d’agriculteurs – issus notamment de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne – et des citoyens, au total environ 600 personnes, ont convergé hier, jeudi 11 décembre, vers l’exploitation pour empêcher l’intervention des services de l’État. Barrages de tracteurs, troncs d’arbres et bottes de foin ont bloqué tous les accès, empêchant la DDETSPP, attendue à 9 heures, d’atteindre la ferme.
« Un combat collectif et de longue haleine »
Figure du mouvement des Ultras 64, Jérôme Bayle a salué la mobilisation : « Aujourd’hui, on démontre que le monde agricole se remobilise. Tous les syndicats sont réunis, même des citoyens. Ce combat, il faut le mener collectivement et dans la durée. Si on nous passe dessus, ce sera le début d’un mouvement agricole historique en France. »
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La veille, les représentants ariégeois avaient proposé à la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, un protocole alternatif permettant de n’abattre que l’animal malade. Proposition rejetée ce jeudi matin, déclenchant l’indignation sur le terrain.
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« Il faut arrêter d’abattre des animaux sains, ce n’est plus tenable », a dénoncé Bertrand Venteau, porte-parole national de la Coordination rurale, appelant l’ensemble des organisations agricoles à se mobiliser.
Revirement des éleveurs et indignation sur le terrain
Alors que les organisations agricoles annonçaient leur détermination à empêcher l’euthanasie, la préfecture de l’Ariège a affirmé en milieu de journée que les éleveurs avaient finalement donné leur accord pour le dépeuplement : « Après un nouvel échange téléphonique, les éleveurs concernés viennent de confirmer leur accord. »
Selon la Coordination rurale 09, ce revirement serait dû à un désaccord entre les deux frères à la tête du GAEC. « Ce n’est pas simple, ils ne sont pas d’accord. On comprend que ce soit difficile. Quant à notre mobilisation : on y est, on y reste », a déclaré son président, Sébastien Durand.
Le préfet Hervé Brabant a confirmé lors d’une conférence de presse à 18 h que l’abattage aurait bien lieu, jugeant qu’il s’agit de « la seule mesure capable de garantir la maîtrise du risque sanitaire ».
Affrontements en fin de journée
En soirée, des heurts ont éclaté sur plusieurs barrages entre manifestants et forces de l’ordre. À 21 h 30, celles-ci n’étaient toujours pas parvenues à atteindre l’exploitation de Mouriscou.