Depuis plus de 48 heures, le monde agricole se mobilise sur l’axe frontalier entre l’Andorre et Tarascon-sur-Ariège. La cause de cette colère : l’abattage de 207 bovins à Borde-sur-Arize, une décision qui a déclenché une mobilisation sans précédent à l’appel de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne de l’Ariège.
Une mobilisation qui s’inscrit dans la durée
Ce dimanche soir, les éleveurs restent déterminés à prolonger le mouvement. « Pour l’instant, nous n’avons aucune réponse, si ce n’est que la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, accepterait “une réflexion sur le protocole” — et je pèse mes mots », explique Sébastien Durand, président de la Coordination rurale de l’Ariège.

Pour les syndicats, le minimum serait déjà d’obtenir « un moratoire », c’est-à-dire la suspension des abattages de masse. « Nous avons voulu venir ici, maintenant il faut rester. On s’organise, avec du chauffage, un chapiteau. Là, on entre dans la durée », ajoute-t-il.
La détermination des éleveurs se voit jusque dans les symboles : deux sapins de Noël ont été installés sur le site par Corentin Tourrent, éleveur et co-président du syndicat Gasconne. « Dans nos fermes, on avait tous des projets. Aujourd’hui, on a du mal à les poursuivre. On continue à nourrir nos vaches, à les vacciner, à les faire vêler, mais on ne se projette plus. Les sapins sont là pour le symbole : s’il faut passer le réveillon ici, on le passera », explique-t-il.

Une solidarité citoyenne sur le rond-point
Dimanche 14 décembre, le rassemblement sur le rond-point de Sabart a rassemblé bien au-delà du monde agricole. Éleveurs, agriculteurs, apiculteurs et citoyens ont voulu afficher leur soutien.
Pour Rémi Patte, apiculteur local, l’enjeu est crucial : « Tout le monde doit se sentir concerné. L’enjeu est énorme, et les images de la violence déployée étaient choquantes. La mobilisation doit être forte et durer dans le temps. »
Christine Gauvin, habitante, renchérit : « On ne peut pas rester à la maison à pleurer. Il faut montrer qu’on est là. C’est l’avenir de tout le monde, de nos enfants. »
Après trois jours de mobilisation, la fatigue commence à se faire sentir, mais l’inquiétude reste : « Les jours se suivent et se ressemblent. Un nouveau cas vient d’être signalé en Haute-Garonne et un éleveur refuse pour l’instant catégoriquement l’abattage », souligne Laurence Marandola, membre de la Confédération paysanne. Elle tient également à remercier tous les citoyens et commerçants qui soutiennent les éleveurs : « Ce soutien fait vraiment chaud au cœur. »
La ministre de l’Agriculture attendue ce lundi
Ce lundi 15 décembre, les élus du département devraient se faire entendre à la préfecture de l’Ariège dès midi pour soutenir les éleveurs, une heure avant l’arrivée de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. Elle doit rencontrer les treize présidents des chambres d’agriculture et les représentants régionaux des syndicats.
Sur le terrain, l’attente est claire : « Ce que nous voulons avant tout, c’est l’annonce de la fin des abattages massifs. C’est pour cela que nous sommes ici, et nous comptons y rester », martèlent les syndicats.





