À la une

AUDE. Zones d’accélération des énergies renouvelables : la confédération paysanne réagit

today8 décembre 2023 à 7h46

share close
La loi d’Accélération du déploiement des Énergies Renouvelables du 10 mars 2023, incite les maires à définir sur le territoire de votre commune des « zones d’accélérations des énergies renouvelable » (ZAER). La confédération paysanne souhaite rappeler qu’elles doivent se faire avec l’organisation d’une consultation des concitoyens, débat et validation par le Conseil Municipal.

Attachée à la transition écologique, la Confédération Paysanne, syndicat agricole représentatif se dit engagée d’abord dans la sobriété puis dans la transition énergétique, mais pas sur
la base d’un modèle financier au détriment des paysan-nes et habitant-es des territoires.

Dans ses rapports de 2018 et 2019, l’ADEME évalue des gisements de photovoltaïque à 123 GW sur grandes toitures, 49 GW sur les friches industrielles et 4 GW pour les parkings. Elle appelle à privilégier ces modèles « pour éviter d’occuper des sols agricoles et de nuire à l’image de cette énergie renouvelable ». Ajoutons que la France compte entre 24 000 et 32 000 zones d’activités, soit 450 000 ha déjà artificialisés, qui sont en grande partie propices à recevoir des panneaux photovoltaïques. Ce potentiel est donc bien supérieur aux objectifs de production d’énergie photovoltaïque de France Nation Verte, fixés par la Première ministre en juin.
Pour la confédération paysanne, les effets négatifs sont multiples, l’artificialisation qui porte atteinte à la vocation nourricière de la terre, la précarisation des paysan-nes et de leur activité agricoles car mise en place de contrats d’entretien ou des baux précaires sur les parcelles artificialisées. Mais aussi la dégradation des paysages, une menace pour la biodiversité et la lutte contre les incendies. 
L’agrivoltaïsme et les centrales photovoltaïques sur les terres agricoles ont un impact majeur sur les prix et la disponibilité du foncier, en contradiction avec l’objectif de doublement des installations de paysans et paysannes pour assurer le renouvellement des générations. L’Aude à perdu entre 2010 et 2020, 8 940 hectares de surfaces agricoles utiles. 
Ainsi dans une lettre ouverte destinées au maires de l’Aude, la Confédération Paysanne demande de retenir uniquement des surfaces déjà artificialisées dans les propositions de ZAENR protégeant ainsi les surfaces agricoles, forestières et naturelles des communes. Pour la Confédération paysanne, les municipalités, avec les services de l’État, le département, la Safer, la Chambre d’agriculture et les associations de développement agricole doivent mobiliser tous les outils à leur disposition (préemption, procédure de mise en valeur de terres incultes, etc… ) et les habitants pour lutter contre l’enfrichement.

Écrit par: Klervie Vappreau

Rate it

0%