L’hélicoptère bombardier d’eau (HBE) Morane 11, loué du 1er juillet au 30 septembre par le Département de l’Aude pour faire face au risque accru d’incendies durant la période estivale, a effectué 90 missions entre le 1er juillet et le 22 septembre. Un bilan présenté ce jeudi 24 septembre à l’aérodrome de Lézignan-Corbières, où l’appareil était basé.
Pour la première fois, le Département de l’Aude a disposé cet été de son propre hélicoptère bombardier d’eau.
"C’était essentiel. On fait le constat de ce qui s’est passé l’été dernier et, en regardant ce qui se faisait dans les départements limitrophes qui subissaient les mêmes choses que nous, on a constaté qu’ils avaient un hélicoptère bombardier d’eau à leur disposition", explique Hélène Sandragné, présidente du conseil départemental de l’Aude.
L’intérêt principal de l’appareil réside dans sa capacité à intervenir rapidement sur les départs de feu. "Ça réduit les temps d’intervention et ça permet de répondre à la tactique qui consiste à attaquer très vite un feu naissant, partant du principe qu’un grand feu, c’est un petit feu qu’on n’a pas réussi à éteindre", poursuit Hélène Sandragné.

Les chiffres du bilan illustrent l’activité importante de l’appareil. Entre le 1er juillet et le 22 septembre, le Morane 11 a effectué 95 heures de vol et 710 largages de 800 litres d’eau. Au total, 90 missions ont été réalisées dont 64 avec largage, 18 en reconnaissance sans largage et 8 annulées avant largage. L’hélicoptère a été engagé dans 65 communes, dont 47 ont bénéficié d’au moins un largage.

Un coût de 475 000 euros
Initialement loué pour deux mois, l’appareil a finalement été maintenu jusqu’au 30 septembre en raison des conditions météorologiques et du risque incendie persistant.
"Nous avions loué cet appareil pour deux mois, nous avons été obligés de le prolonger parce que ce mois de septembre est un mois de septembre exceptionnel et donc nous avons apporté une petite rallonge. Mais c’était nécessaire", détaille la présidente du Département.
La location représente un coût de 475 000 euros, financé par le Département de l’Aude, avec le soutien de l’Association des maires de l’Aude à hauteur de 100 000 euros, grâce notamment aux dons reçus après l’incendie de Ribaute.

"On part toujours dans la réflexion"
À bord de l’hélicoptère, les missions sont coordonnées par des sapeurs-pompiers spécialement formés. Raphaël Lagarde, du service opérationnel du SDIS de l’Aude, est notamment chargé de la doctrine opérationnelle et intervient comme cadre officier sur HBE.
"On prend les premières informations, c’est-à-dire la commune, le type d’intervention, est-ce que c’est un feu important ou un feu qui débute. Après, on guide le pilote vers cette commune", détaille-t-il.
L’objectif est ensuite de trouver le point d’eau le plus proche afin de réduire au maximum le temps entre deux largages. "On essaie de trouver un point d’eau au plus proche de l’intervention pour avoir une rotation très courte", ajoute le sapeur-pompier.
La sécurité aérienne et la coordination avec les équipes au sol font également partie de sa mission. Il doit notamment identifier les éventuelles lignes électriques, la présence d’autres avions ou hélicoptères et assurer le lien avec les pompiers engagés au sol.
Malgré l’urgence, "On ne se presse jamais, on part toujours dans la réflexion avec un petit moment de recul avant de partir", précise Raphaël Lagarde. Entre la réception des informations, la mise en route de l’appareil et le décollage, le délai est d’environ deux à trois minutes.
Une fois en vol, l’équipage dispose d’une cartographie opérationnelle recensant les différents points d’eau. Mais la sécheresse peut compliquer les opérations. "Il y a des points qu’on ne connaissait pas ou qui sont sous-alimentés en eau à cause de la sécheresse, et des fois on doit s’adapter sur place et trouver un autre point d’eau", indique Raphaël Lagarde avant de renchérir : "On peut aussi mettre une bâche de sapeurs-pompiers remplie par des camions, pour être au plus proche de l’intervention s’il y a besoin."
La mission nécessite également une formation spécifique.
Les élus espèrent une reconduite l'été prochain
"Tous les moyens de lutte ne seront jamais suffisants sans une prise de conscience collective du risque et des bons gestes à adopter. Un feu avant, ça durait une journée, maintenant ça dure une semaine et parfois quinze jours. Donc les matériels souffrent, les pompiers souffrent parce que là où vous étiez deux jours sur un feu, vous y êtes quinze jours.", déclare Hélène Sandragné
L’hélicoptère sera probablement loué de nouveau l’été prochain, Hélène Sandragné assure vouloir "faire le maximum". De son côté, Éric Ménassi, président de l'association des maires de l’Aude, se réjouit de cette perspective : " 100 000 euros sont déjà mis de côté pour financer l'hélicoptère l'an prochain", conclut-il.





