Face à la colère lycéenne qui se poursuit en Occitanie, sur fond de revendications concernant les moyens de l’Éducation nationale et les conditions d’études, la Région a pris la parole ce mercredi 14 octobre, lors d’une conférence de presse.
Kamel Chibli, vice-président chargé de la jeunesse et des sports, a réaffirmé son soutien aux revendications des jeunes, tout en condamnant les dégradations commises en marge des mobilisations, dont le montant dépasserait les 4 millions d’euros à l’échelle de l’Occitanie.
Plus de 10 000 euros de dégâts en Ariège
En Ariège, le lycée Jean-Durroux, à Ferrières-sur-Ariège, figure parmi les établissements touchés. Un portail endommagé, une entrée touchée par un incendie et des équipements de sécurité détériorés représentent au moins 10 000 euros de dégâts. « Les expertises et les devis sont toujours en cours », précisent les services de la préfecture. Le contrôle d’accès, les caméras et le visiophone sont notamment concernés.
À l’échelle régionale, les dégradations touchent principalement Toulouse, Montpellier et Nîmes. « Nous condamnons tous les actes de vandalisme et de dégradation, qui ne servent en rien la cause défendue », insiste Kamel Chibli, qui estime que certaines personnes extérieures aux lycées viennent perturber un mouvement qu’il considère "comme légitime", insiste t'il.
« Une délégation de lycéens et d’étudiants doit être reçue au ministère de l’Éducation nationale. Nous verrons si des annonces sont faites dans les prochaines 48 heures , mais pour l'instant les revendications des jeunes qui sont totalement légitimes, n'ont reçu aucune réponse, si ce n'est- l’annonce de 3 000 professeurs par l’Éducation nationale, nous constatons une absence de réponse du gouvernement, qui reste sourd aux demandes d’une jeunesse qui souhaite être entendue et écoutée.», déplore Kamel Chibli.
12,65 millions d’euros de travaux dans quatre lycées ariégeois
La sécurisation des établissements reste une priorité pour la Région.
« Pendant des années, la principale inquiétude concernait les intrusions de personnes extérieures dans les lycées. Nous avons donc fait le choix d’installer des tourniquets et des points d’accueil au plus près des entrées afin de mieux contrôler les accès », explique Kamel Chibli. Mais « le drame d’Aubagne montre que la question se pose aussi à l’intérieur même des établissements, notamment dans les relations entre élèves ».
En Ariège, quatre opérations de rénovation actuelle en cours représentent 12,65 millions d’euros : 3,5 millions au lycée Dr Philippe-Tissié, 3,3 millions au lycée Pyrène, 700 000 euros au LEGTA de Pamiers et 5,15 millions au lycée Aristide-Bergès.
La Région prépare également un plan canicule de 10 millions d’euros, avec de premières interventions envisagées avant l’été 2027. « On n’a pas la vocation à climatiser l’ensemble des bâtiments », souligne Kamel Chibli. La collectivité privilégie des solutions ciblées, comme les ventilateurs de plafond et les protections solaires. « Il y a des travaux qui vont être nécessaires, notamment des peintures et des filtres qui permettent de faire baisser de trois à quatre degrés » la température.
Entre 100 et 200 millions d'euros en moins "Si continue à ne pas être écoutés, on ne va pas y arriver"
Lors de cette conférence de presse , l’élu a également alerté sur les difficultés financières de la collectivité, qui doit poursuivre la rénovation de ses établissements.
Au total, près de 2 milliards d’euros doivent être investis dans les 226 lycées d’Occitanie d’ici à la fin du mandat, selon Kamel Chibli. Mais la Région s’inquiète de la baisse de ses ressources.
« En près de onze ans, la Région Occitanie a perdu 800 millions d’euros de dotations de l’État, soit l’équivalent de l’ensemble des investissements consacrés aux lycées sur un mandat », affirme le vice-président.
Il redoute une nouvelle diminution des financements : « Pour l’Occitanie, cela pourrait représenter entre 100 et 200 millions d’euros en moins, soit l’équivalent de deux années de rénovation de l’ensemble des lycées de la région. Si on continue à ne pas être entendus et écoutés par le gouvernement, on ne va pas y arriver », prévient Kamel Chibli.





