Une quarantaine de lycéens se sont rassemblés ce jeudi matin devant le lycée Gabriel-Fauré, à Foix. Alors que les établissements de Foix et de Pamiers ont rouvert leurs portes après plusieurs jours de fermeture, seuls les élèves de terminale et les étudiants en BTS étaient autorisés à rejoindre leur établissement.
Une réouverture partielle qui ne passe pas auprès des élèves mobilisés. Pour eux, cette décision vise surtout à affaiblir le mouvement lycéen.
« Qu’est-ce qu’ils font ? Ils confinent »
« Ça fait plus d’une semaine que les lycéens se mobilisent et ça devrait continuer. Mais ce matin on a l’impression qu’il y a une décision de l’établissement [...] de mater quelque part le blocus et de diviser en deux le mouvement », estime Alexandre, lycéen mobilisé devant la grille du lycée.
Un sentiment partagé par les organisations syndicales. Aurélien Buzin, co-secrétaire départemental de la FSU, voit dans cette réouverture partielle une nouvelle étape dans la gestion du mouvement.
« La réponse du gouvernement était d’abord répressive, et maintenant qu’ils se rendent compte que la répression ne fait qu’attiser le mouvement social, et qu’elle rend l’action du gouvernement particulièrement impopulaire, qu’est-ce qu’ils font ? Ils confinent. »
Selon lui, cette mesure revient surtout à éloigner les élèves des établissements plutôt qu'à répondre à leurs revendications.
« C’est une méthode qui interroge quand même. C’est-à-dire que plutôt que d’écouter la jeunesse, finalement, ils préfèrent la fuir, en fait ».
Des soutiens venus épauler les lycéens
Ce jeudi matin, une quarantaine d'élèves étaient donc rassemblés devant les grilles du lycée Gabriel-Fauré. Derrière eux, un cordon de forces de l’ordre veillait à maintenir un passage accessible aux élèves et aux enseignants venus rejoindre l’établissement.
Le rassemblement s’est déroulé sans incident et s’est achevé après quelques heures. Plusieurs adultes étaient toutefois venus soutenir les lycéens mobilisés, parmi lesquels Odile et Christophe, deux enseignants retraités.
« C’est scandaleux. Nous, en tant que parents, grands-parents, voir une jeunesse se faire défigurer, frapper, molester, c’est honteux. Comme j’ai dit au proviseur ce matin, je lui parlais de démocratie, je lui dis qu’on n’a pas du tout la même notion de démocratie.», lance Odile.
À ses côtés, Christophe, ancien enseignant à Pamiers et toujours syndiqué à la FSU, estime que les revendications portées par les lycéens rejoignent celles défendues depuis plusieurs années par les organisations syndicales.
« Ce que revendiquent les gosses aujourd’hui, c’est ce que nous, on revendique syndicalement depuis plusieurs décennies, affirme-t-il. Le blocus est assez maladroit et c’est là-dessus que s’appuient nos gouvernants pour faire donner l’assaut et utiliser les forces dites ‘de maintien de l’ordre’ contre des gosses. Et après, c’est l’escalade : on frappe, on mutile et jusqu’où on va ? Bref, on a un gouvernement qui perd les pédales, qui était censé être compétent en matière de gestion de budget, qui en fait a plongé la France dans un endettement, notamment due au fait qu’on ne réclame pas l’argent à ceux qui nous en doivent. On parle de 100 milliards de fraudes fiscales annuelles, ce qui n’est quand même pas rien.».
« Je sentais que c’était bien que je sois là »
À quelques mètres du rassemblement, sous son parapluie, Fanny Martin garde un œil attentif sur les lycéens. Son fils, élève de terminale, participe au blocus.
« Je préférais que mon fils soit en cours, reconnaît-elle, mais j’entends aussi les raisons qu’ils ont de manifester. Parce que c’est vrai, ils ont leur droit à manifester. Et moi, je sentais que c’était bien que je sois là pour être avec eux et m’assurer que tout se passe bien » confie-t-elle.
Les images des précédentes mobilisations l’avaient inquiétée. Mais ce jeudi matin, elle se veut rassurée : « Là, ça se passe bien. Les policiers ont l’air plutôt d’encadrer, d’être en protection ».
Une nouvelle mobilisation envisagée la semaine prochaine
Pour l’heure, aucune nouvelle journée de manifestation n’a officiellement été arrêtée. Les discussions se poursuivent toutefois au sein de l’intersyndicale.
« L’intersyndicale est en train de discuter d’un appel à manifester, indique Aurélien Buzin, représentant de la FSU. Une mobilisation pourrait avoir lieu la semaine prochaine, éventuellement autour du 15 octobre, parce que là, ce mouvement social lycéen, finalement, porte des revendications qu’on porte depuis des années pour les services publics. On a dénoncé pendant des années la casse du service public par les gouvernements Macron, et là on se rend compte qu’on arrive à un point de rupture ».
Le mouvement lycéen pourrait donc se poursuivre dans les prochains jours, tandis que syndicats et élèves continuent de dénoncer la gestion gouvernementale des mobilisations.





