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Trafic transfrontalier : « Les modes opératoires des trafiquants ont évolué, nous avons modifié en profondeur la manière dont on travaille »

today20 février 2025 à 13h03

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Le préfet de l’Ariège Simon Bertoux et Olivier Mouysset le procureur de la République ont dressé un bilan des actions menées contre le trafic transfrontalier – lundi dernier 17 février – depuis le rond-point de Sabart à Tarascon-sur-Ariège. Un bilan qui affiche des résultats à la hausse grâce au travail coordonné et conjoint entre les services des douanes, de la gendarmerie et de la police. Focus.

Photo Préfecture de l’Ariège

Ce mercredi 19 février 2025, le préfet de l’Ariège et le procureur de la République de Foix ont communiqué sur les résultats et les actions menées contre le trafic transfrontalier, aux côtés de Joan Antoni León Peso, secrétaire d’État aAndorran à la justice et de l’Intérieur et Antoni Rodríguez Garcia, directeur adjoint du département de la police Andorrane. Ouvreurs, éclaireurs, passages à pied plus nombreux, le constat est sans appel pour les différentes autorités : le trafic à la frontière s’est intensifié et s’est même structuré.

« (…)Ce phénomène-là a pris de l’ampleur, dans le sens ou les modes opératoires de trafiquants ont évolué, les quantités saisies ont augmenté, il y a de plus en plus de trafics organisés, avec une organisation hiérarchique pyramidale et des commanditaires à Toulouse ou Perpignan, voire ailleurs. « , a affirmé le préfet de l’Ariège.

Photo SL

Pour faire face à l’évolution de ce trafic, un nouveau dispositif a été déployé en 2023 : »Tout ça a été discuté en État-major de sécurité et depuis fin 2023, sur le plan opérationnel, nous avons modifié en profondeur la manière dont on travaille sur cet axe de la RN20 pour lutter contre la contrebande de tabac et d’alcool. », a déclaré le Préfet de l’Ariège. La nette augmentation des saisies entre 2023 et 2024, résulte de l’intensification des contrôles sur la RN20, initiés par le préfet de l’Ariège et le procureur de la République.

Saisies, tabac +73%, alcool +136%, blanchiment d’argent +37% : « La brigade mobile de l’Hospitalet Près l’Andorre va constituer désormais un lieu stratégique »

« Opérations plus nombreuses, davantage d’effectifs mobilisés », la nouvelle stratégie paie, et les chiffres sont éloquents. Les saisies de Tabac affichent une progression de + 73% par rapport à 2023 avec 18 536 cartouches de cigarettes saisies en 2024, contre 10 723 en 2023, ( et 14 311 cartouches sur toute l’année 2022). Les saisies d’alcool ont également explosé avec une hausse de + 136 % en 2024, ce qui représente 3032 litres, contre 1 284 litres en 2023 et 824 litres en 2022. Enfin, En 2024, « sous l’impulsion du procureur de la République et afin de lutter contre le blanchiment », indique la préfecture, 21 090 € de numéraire ont été saisis en Ariège, soit une hausse de 37 % (contre 15 411 € en 2023).

« la brigade mobile de l’Hospitalet Près l’Andorre va constituer désormais un lieu stratégique »

« L’intensité s’est bien développée, Nous avons en 2023 et 2024 28 gardes à vue pour des fait de contrebande, contre 8 en 2022. Avec les efforts conjugués de la gendarmerie, de la douane, nous avons intensifié les contrôles, les interpellations, les GAV les déferment au palais de justice, les marchandises sont saisies, les véhicules, et nous n’avons jamais atteint de tels seuils sur les numéraires, nous mettons tout en place pour lutter au mieux contre ces différents trafics, et la brigade mobile de l’Hospitalet Près l’Andorre va constituer désormais un lieu stratégique qui vous nous permettre de meilleurs contrôles », a déclaré le procureur de la république de Foix, Olivier Mouysset.

« On sait qu’il faut être tout le temps vigilant, aujourd’hui, ils foncent sur les services de contrôle avec l’idée de faire mal »

Photo SL

Pour le chef divisionnaire des douanes de Toulouse, l’objectif est de créer une capacité d’entrave suffisante pour contrer les trafics « Et digne de ce nom par rapport à la menace à laquelle ils sont confrontés régulièrement » : « On travaillait déjà avec l’antifraude coté Andorran, avec la garde civile côté espagnol, et la Policia, tout ça vient s’ajouter à ce qui est déjà en place. »

Aussi, le fonctionnaire est formel, l’heure n’est plus à la petite contrebande d’appoint : »On est vraiment sortis de la petite contrebande qui apportait un petit supplément de revenu(…). Un paquet en Andorre c’est 4€ en France il est à 12€, donc derrière ça crée une criminalité qu’on essaie d’endiguer pour des raisons de santé publiques mais aussi pour contrer des réseaux qui irriguent une économie souterraine ». Un gros gain pour les réseaux de contrebandiers, qui n’hésitent plus à faire usage de la force.

« Il y a quelques années lorsque les gens s’arrêtaient, ils laissaient la voiture en plan sur le côté et quittaient le véhicule. Aujourd’hui le véhicule est utilisé comme une arme par destination, ils foncent sur les services de contrôle avec l’idée de faire mal pour passer et acheminer leur tabac car ils ont beaucoup à perdre(…). »Nous sommes régulièrement confrontés à des risques et des agressions, lorsqu’on monte un contrôle comme aujourd’hui, on sait qu’il faut être tout le temps vigilant, d’où le gilet pare-balles et les herses qu’on utilisent pour essayer de stopper les convois qui peuvent nous foncer dessus.

Écrit par: Stephanie Leborne

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