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Deux jours après les révélations du maire de Rivesaltes sur le transfert, en 1986, des dépouilles d’enfants harkis du cimetière du camp Joffre vers le cimetière communal de Saint-Saturnin, les mairies de Rivesaltes et de Perpignan ont annoncé le lancement de recherches pour localiser précisément les sépultures concernées.
Nul doute que les révélations effectuées vendredi 21 février par le maire de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales) André Bascou restent encore difficiles à avaler pour les familles harkis qui étaient présentes à l’Hôtel de Ville. Pourtant, l’heure n’est plus seulement au choc, et l’édile élu en 1983 va devoir répondre aux nombreuses interrogations des familles de musulmans ayant servi sous le drapeau français pendant la guerre d’Algérie, et surtout leur permettre au plus vite d’identifier leurs défunts. Une quête menée par certaines familles depuis 60 ans. C’est dans cet objectif que les municipalités de Rivesaltes et de Perpignan se sont engagées dès vendredi à effectuer un travail d’identification des tombes.
Les familles auront effectivement la possibilité de demander des tests ADN afin de tenter d’identifier les ossements.
De son côté, la ministre déléguée chargée de la Mémoire et des Anciens Combattants Patricia Mirallès, en déplacement spécial dans le département jeudi et vendredi, a affirmé que toutes les dispositions nécessaires seraient prises pour accompagner les familles dans cette démarche. Elle s’est également engagée à ce qu’un lieu mémoriel soit mis en place si les familles en font la demande. “On fera ce qu’elles veulent (les familles, ndlr.)”, a-t-elle indiqué avec retenue, dans cette affaire qui a un véritable parfum de scandale.
Il faut dire que le maire de Rivesaltes, André Bascou, a attendu que l’Etat et la cellule spéciale (mise en place après la découvertes des tombes vides du cimetière harki du camp Joffre en novembre dernier) fassent pression en décembre 2024 pour entamer des recherches approfondies. Cette situation met l’élu local en difficulté alors que les familles l’accusent depuis des années de cacher la vérité. Les recherches à venir devront donc permettre de faire toute la lumière sur ces événements et d’apporter des réponses aux nouvelles questions qui se sont imposées aux proches des défunts il y a deux jours.
L’affaire des dépouilles disparues du cimetière harki du Camp Joffre a effectivement pris une nouvelle ampleur après la réunion qui s’est tenue à la mairie de Rivesaltes vendredi 21 février en présence de la Ministre Patricia Mirallès, de députés et de sénateurs catalans, de la présidente du département Hermeline Malherbe ou encore du maire de Perpignan Louis Aliot.
À cette occasion, le maire de Rivesaltes a révélé que des documents d’archives trouvés après les investigations menées en décembre dernier, ont confirmé que les 60 ossements d’enfants (dont 50 bébés) avaient été déplacées du cimetière du camp Joffre au cimetière communal entre le 15 et le 19 septembre 1986, à la demande de l’armée, sans que les familles en soient informées. Les corps ont été enterrés sans identification pour la plupart des sépultures, rendant toute recherche particulièrement complexe.
Les familles de harkis ont droit à la vérité.
— Patricia Miralles (@MIRALLESMP) February 21, 2025
Je me suis rendue à Rivesaltes pour leur annoncer que nous avons retrouvé la trace des sépultures transférées en 1986. Je m’y étais engagée en octobre 2023. La quête de vérité et les recherches continuent. pic.twitter.com/o5ftikdhU3
Face à ces révélations, le maire de Rivesaltes, André Bascou, a présenté ses excuses, reconnaissant que des démarches auraient pu être entreprises plus tôt. Une déclaration qui n’a pas apaisé la colère des familles présentes.
Écrit par: Melvin Gardet
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