Crédit photo : Pixabay // Efraimstochter

PYRÉNÉES : Le boycott de CAP-ours

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Ce lundi 3 mai, la réactivation d’un vieux débat est dans toutes les discussions. Le collectif CAP-ours (Coordination Associative Pyrénéenne) boycott une réunion préfectorale, autour de la présence de l’ours dans les Pyrénées.

Les associations pro ours concernées se sont exprimées à travers une lettre ouverte, destinée au préfet de la Haute-Garonne. Elles refusent de participer à une réunion du « Groupe pastoralisme et ours », qui leur aurait insidieusement dirigé des « provocations pourtant manifestes ». Il y a de l’électricité dans l’air pur de nos montagnes.

Une problématique conflictuelle

Depuis les années 1990, une politique gouvernementale se penche sur la réintroduction de l’ours brun dans la chaîne pyrénéenne. Son but : empêcher le déclin de cette espèce, qui connaît une baisse drastique de sa population au XXe siècle. Cette initiative rencontre au fil des ans une forte opposition, tout comme des soutiens divers. En avril 2021 déjà, les discussions portaient sur des « mesures d’effarouchement », qui ne font pas l’unanimité parmi les écologistes. Aujourd’hui, les pro ours s’attaquent à la prise de décisions qui s’opèrent lors de réunions rassemblant différents acteurs : représentants des parcs naturels, des professions agricoles, des associations de protection de l’environnement…

L’état comme principal accusé

La cible est clairement définie. Les reproches sont dirigés vers l’état, comme celle de gâcher « systématiquement les occasions de faire évoluer le dossier positivement ». Selon les auteurs de la lettre ouverte, l’accent est mis sur les intérêts des détracteurs, plus que sur un travail de cohabitation entre l’homme et l’animal. En effet, elle affirme que « l’État ne considère que les revendications des opposants à l’ours, au risque de les renforcer, et néglige les éleveurs et les bergers constructifs, et les associations environnementales ». L’institution à l’origine de cette politique de réinsertion ne semble plus en phase avec ses décisions précédentes. À titre d’exemple, le 8 mars 2018, une décision du tribunal de Toulouse condamnait l’état français pour la faiblesse de son investissement dans la protection de l’ours.

Pour en revenir à la réunion du « Groupe pastoralisme et ours », quelques prescriptions sont à prendre en compte. Parmi les dispositions prises ce lundi, le renforcement de la protection des estives, mais aussi de nouveaux moyens d’information destinés aux éleveurs, élus et randonneurs. Le préfet entend ainsi réitérer « l’engagement total de l’État pour l’accompagnement des acteurs du massif ».

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