Crédit photo : Pixabay // Efraimstochter

Pyrénées : Les 25 ans du débat entre pro et anti-ours

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Ce mercredi marque les 25 ans de la querelle autour de la réintroduction de l’ours brun dans nos montagnes. Pendant ce temps, le nouveau dossier « Life Ours Pyr » creuse un peu plus le fossé entre partisans et détracteurs. Retour sur une opposition de longue date. 

Le sujet est épineux. Un quart de siècle plus tôt, Ziva était la première ourse à intégrer la chaîne montagneuse, événement qui rencontrait déjà quelques réticences. Cette date du 19 mai 1996 marque ainsi le début de la fameuse politique de réintroduction, qui est au cœur du débat actuel. De retour au XXIe siècle, on recensait en 2020 la présence de 64 ours brun, dont 16 oursons. Une population conséquente, mais qui n’est pas suffisante pour assurer sa viabilité selon les associations écologistes. Le dernier dossier de la DREAL, qui prévoit ainsi de nouvelles introductions d’individus, réveille des antagonismes déjà exacerbés.

La difficile cohabitation 

Deux points de vue s’affrontent : entre éleveurs et écologistes, le temps n’est pas au beau fixe. Les premiers avancent des attaques de bétail à répétition, tandis que les seconds défendent l’appartenance de l’espèce à ce territoire. Différents protocoles sont mis en place pour concilier la présence oursine et les activités humaines, notamment celui du « protocole ours à problème ». Ce dispositif concerne entre autres l’ours Goiat, décrié par sa voracité après de multiples attaques. Afin de contrôler ses allées et venues, un troisième collier de traçage lui sera attribué, qui permet de prévenir les éleveurs. Il s’agit de la dernière étape avant des mesures plus radicales, comme sa possible capture ou même sa mise à mort.

Afin de pérenniser leur présence, cette espèce est protégée par un ensemble de lois et directives françaises comme européennes. Selon la DREAL Occitanie, « toute perturbation intentionnelle des spécimens d’ours est interdite au titre de l’article L. 411-1 du code de l’environnement, mais des dérogations sont prévues ». Certains éleveurs invoquent parfois ces dérogations, dans la cadre de la légitime défense, ce qui peut être remis en question par les écologistes. Les antagonismes semblent donc trop profonds pour pouvoir se résoudre dans l’immédiat.

Un débat récemment relancé 

Début mai, le collectif ACAP prenait connaissance du dernier dossier en date sur le sujet : le dossier « Life Ours Pyr ». Leur réaction ne s’est pas fait attendre, puisqu’un manque de consultation est dénoncé quelques jours plus tard. Ce document prévoit une réintroduction de nouveaux individus dans la chaîne montagneuse, prévision qui n’est pas au goût de certains élus. Affaire à suivre, donc. 

Emma Le Fortier

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