Pyrénées FM La radio des vallées
Après plus de cinq heures d’audience, le chauffard accusé d’avoir involontairement causé la mort d’Alexandra Sonac et de sa fille Camille en contournant délibérément un dispositif de barrage installé sur la RN20 par la préfecture, a été déclaré coupable de l’ensemble des faits reprochés et a été condamné ce mardi 18 février 2025 à 5 ans de prison, 200€ d’amende pour défaut d’assurance, et est interdit de séjourner en Ariège pour une période de trois ans.
Pour rappel, le 22 janvier 2024, dans le cadre des mouvements agricoles, différents syndicats ont appelé à un rassemblement d’engins agricoles au niveau de la sortie 6 sur la RN20. Aux alentours de 5h30, une BMW bleue, circulant dans le sens Toulouse-Foix, a violemment percuté le barrage, causant la mort d’Alexandra et Camille Sonac et blessant grièvement Jean-Michel Sonac.
Ainsi, dans le box des accusés, Vasili Aghayan, un conducteur arménien de 44 ans – accusé d’homicide et blessures involontaires – au visage marqué, a dû faire face à la famille d’Alexandra et Camille Sonac ce mardi 18 février 2025 : Jean-Michel, père et époux, Carole, la sœur jumelle d’Alexandra, ainsi que les parents, grands-parents, amis et collègues des victimes – dont les représentants FDSEA et JA également parties civiles – ont tenu à être présents pour cette journée décisive. Tout au long du procès, le conducteur a affirmé « regretter ses actes », mais son attitude a plongé la famille des victimes dans un profond désarroi.
Son discours, marqué d’ambiguïté, a laissé transparaître des regrets, mais son récit sur la nuit du drame n’a apporté aucune clarté aux proches de Camille et Alexandra. La route était barrée, « mais pas assez ». Il ne savait pas, il n’avait pas vu, il roulait trop vite, à 130km/h. Il pensait que la paille présente sur la chaussée était un reste des manifestations de la veille. Aussi, devant la cour, il soutiendra que, selon lui, le barrage n’était pas suffisamment signalé, allant même jusqu’à remettre en question les photographies prises par la DIRSO le matin du drame.
Son avocate, Me Bisseuil, de son côté, a dressé le portrait d’un homme sans casier judiciaire, un fermier Arménien, père de 3 enfants, qui cherchait à se reconstruire en France, à donner un avenir à sa famille, à ses enfants. Une famille qui a fui son pays pour des raisons de désaccords politiques.
« Je regrette énormément, je suis un père, j’ai des enfants, je sais ce que c’est, j’ai beaucoup de mal pour Jean-Michel Sonac, tout s’est passé tellement vite, je ne pensais pas que ça pouvait être aussi grave », a alors déclaré l’accusé par l’intermédiaire de sa traductrice.
Des déclarations qui ont vivement secoué la famille, déjà submergée par l’émotion. Me Plais Thomas, avocate de la famille Sonac, a de son coté dénoncé « des propos irrespectueux et indécents ».
« Il adopte une posture indécente, je le regrette pour les victimes qui ont dû entendre ça. Les mots qu’il choisit de poser sur une situation où il est l’unique responsable sont inacceptables. Il vient faire des raisonnements sur l’ensemble du dossier : un pas en avant, deux pas en arrière. C’est extrêmement difficile pour la famille des victimes. »
« Elles manquent tellement, elles manquent tellement… », a répété l’avocate de la famille Sonac—celle de Jean-Michel, de la petite Lucie, dont on apprend avec émotion qu’elle célèbre aujourd’hui un nouvel anniversaire sans sa mère, sans sa sœur. Du côté de la famille d’Alexandra, c’est le désespoir qui s’est lu sur les visages. Les larmes ont coulé lorsque Carole, la sœur jumelle d’Alexandra, a pris la parole devant la cour cet après-midi.
Après plus de cinq heures d’audience, le procureur de la République, Olivier Mouysset a requis 5 ans de prison avec maintien en détention. Le tribunal a suivi ces réquisitions et a donc condamné Vasili Aghayan à 5 ans d’emprisonnement. Ayant déjà passé un an en prison, le conducteur qui a été déclaré coupable d’homicide involontaire, devra en purger 4 autres, avant d’être reconduit à la frontière. L’annonce du jugement a résonné comme une onde de choc dans la salle d’audience pour la famille d’Alexandra et de Camille. La soeur d’Alexandra, Carole Giovannetti a été submergée par l’émotion, et considère que la sentence n’est pas à la hauteur des faits reprochés.
« Cinq ans, c’est rien… car en plus il a déjà fait de la prison, c’est inadmissible. On était préparé psychologiquement à ce qu’il ne fasse pas beaucoup, mais pas aussi peu. Cinq ans, c’est rien. Il a pris la vie de ma sœur et de ma nièce. Je n’ai rien d’autre à ajouter. »
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Écrit par: Stephanie Leborne
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