Les conséquences de la guerre au Moyen-Orient commencent déjà à se faire sentir à la pompe, en Occitanie comme dans l’ensemble de la France. En seulement quelques jours, les prix des carburants ont nettement augmenté dans l’Hexagone, atteignant dans certaines stations des niveaux particulièrement élevés. Et la tendance pourrait encore se poursuivre dans les prochains jours.
Selon les relevés du site spécialisé carbu.com, le prix du diesel a déjà bondi jusqu’à 70 centimes par litre dans certaines stations-service. Une hausse rapide qui s’explique en partie par les tensions internationales sur les marchés de l’énergie.
Des hausses attendues dans les prochains jours
Les prévisions du comparateur laissent entrevoir de nouvelles augmentations du prix de l’essence et du gazole dans les jours à venir.
Le Sans-Plomb 98 (E5), actuellement vendu en moyenne 1,897 € le litre, pourrait augmenter d’environ 3,20 % d’ici une semaine. De son côté, le Sans-Plomb 95 (E5), affiché 1,843 € le litre, pourrait grimper de 4,70 %.
La hausse la plus importante concernerait toutefois le gazole (B7). Aujourd’hui proposé autour de 1,901 € le litre, son prix pourrait progresser de 10,10 % dans la semaine à venir, toujours selon les estimations du site spécialisé.
« On doit encore subir »
Pour Samir, habitant de Mercus, la récente hausse des prix du carburant est un vrai casse-tête : « Je fais le plein aujourd’hui pour le travail, mais je sais que je vais devoir en remettre. Oui, cette hausse m’inquiète, car il y en a certains qui dégoupillent », confie-t-il.
Un sentiment partagé par de nombreux automobilistes, certains exprimant ouvertement leur colère. Philippe, un Toulousain exaspéré, déplore : « Rien n’est justifié, nous on est des travailleurs, on travaille tous les jours, on se lève le matin, on va bosser et on paye tout. Et là, ils nous trouvent encore des taxes sur le gazole, le sans-plomb… on doit encore subir ».
Guerre au Moyen-Orient : un impact sur le pétrole mondial
Cette flambée des prix des carburants en France intervient dans un contexte international particulièrement tendu. Lors de sa récente allocution consacrée à la situation au Moyen-Orient, le président de la République Emmanuel Macron avait alerté sur les risques pour l’approvisionnement énergétique mondial.
Le chef de l’État avait notamment évoqué la situation du détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique par laquelle transite près de 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde. « Le détroit d’Ormuz est de fait fermé », avait-il déclaré, soulignant les conséquences potentielles pour les marchés de l’énergie et, indirectement, pour les prix à la pompe.
Le gazole jusqu’à 70 centimes moins cher en Andorre
Pour les automobilistes d’Occitanie, cette hausse des prix coïncide avec un hasard de calendrier. La RN20, axe très fréquenté reliant l’Ariège à la principauté d’Andorre, doit en effet rouvrir ce lundi 9 mars après plusieurs semaines de fermeture à la suite d’un éboulement.
Une réouverture attendue qui pourrait relancer les déplacements vers la principauté, notamment pour faire le plein de carburant à moindre coût.
Car les prix du carburant en Andorre, détaxés, restent nettement plus bas qu’en France. Selon les tarifs actualisés au 4 mars 2026, le SP95 y est vendu en moyenne 1,34 € le litre, le SP98 à 1,39 € et le gazole à 1,29 €.
Avec un écart pouvant atteindre près de 70 centimes par litre pour le gazole, la différence de prix pourrait rapidement attirer de nombreux automobilistes d’Occitanie. La réouverture de la RN20 pourrait ainsi entraîner un regain de fréquentation sur cet axe transfrontalier, très prisé des habitants de l’Ariège, de la Haute-Garonne et plus largement du sud de la région.





