Crédit photo : Grotte de Lombrives

Ariège : ils vont passer 40 jours dans une grotte

Dimanche 14 mars, à 20 heures, 7 femmes et 7 hommes vont se confiner dans la grotte de Lombrives à Ussat-Les-Bains. Ils seront coupés du monde. Le but : mesurer les effets du cerveau d’un isolement extrême. Une première mondiale par son nombre d’aventuriers et ses implications scientifiques. 

40 jours. C’est le temps que vont passer 15 personnes dans l’antre la plus vaste d’Europe. Sans aucun repère temporel, ni lumière naturelle, des individus de 28 à 50 ans seront plongés sous terre. Cette expérience inédite, intitulée « Deep Time» menée par l’explorateur-chercheur Christian Clot. Mais également, par les équipes de Human Adaptation Institute va permettre d’étudier le comportement du cerveau lorsqu’il perd toute notion de temps. 

Depuis plus de deux semaines, les 70 bénévoles se relaient afin de pouvoir mener à bien les opérations d’acheminement des quatre tonnes de matériels. La difficulté : les passages étroits, des boyaux notamment un de 98 centimètres. 

Ainsi, l’installation comporte un camp de base dans lequel il y a de quoi cuisiner, manger, des toilettes. Mais aussi, des éléments pour travailler et du matériel pour la vie quotidienne et scientifique.

Aucun contact avec l’extérieur 

Un sas sera mis en place dans les jours à venir à l’entrée de la grotte. Son rôle : surveiller et veiller à l’entrée du site. Mais également, récupérer les déchets venus de l’intérieur. Le but est que les personnes de l’extérieur ne rentrent pas en contact avec celle qui sont confinées, durant le temps de l’expérience. En effet, les quinze participants ont été choisis pour leur bonne santé générale, mais aussi pour leurs qualités relationnelles.

Ainsi, le collectif sera étudié pour comprendre les comportements d’un groupe humain lorsqu’il est immergé dans une situation qu’il ne connaît pas. Suivis par une trentaine de scientifiques, ces femmes et hommes doivent subir une IRM avant l’expérience et en sortant de la grotte. Par ailleurs, durant leurs séjours, ils resteront immobiles dans le lieu de vie. Ils partiront en balade, explorer leur univers et essayer de décrypter des sons et couleurs.

Tous ces éléments serviront pour l’étude du corps (sommeil…), analyse du cerveau (capacité à prendre des décisions, à s’orienter). Par ailleurs, pour comprendre les émotions et les interactions entre les individus dans un lieu coupé du monde. Cette expérience doit permettre également de trouver des applications pour de longues expéditions spatiales, polaires. Mais aussi, pour des missions confinées dans des sous-marins. En outre, cela doit servir pour la création de logiciels applicables rapidement dans le secteur du médial, notamment pour la lutte contre Alzheimer.

Et après ?

Le 23 avril, à 20 heures, quarante jours après le début, l’expérience se terminera. Ce projet doit aboutir à des publications scientifiques dans divers domaines d’expérimentation : neurocognition, psychologie, éthologie…

Pour toucher un grand public, ce dessin n’est pas seulement scientifique. Il a aussi pour nécessité d’aider et lui donner des clés pour mieux-vivre des situations de confinement, un livre sera réalisé et un film est à l’ordre du jour.

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