À la suite de l’élection de Claudie Faucon-Méjean au Sénat, le 27 septembre dernier, le conseil municipal a désigné son premier adjoint, Xavier Beaujard pour lui succéder ce samedi 10 octobre. Une nouvelle responsabilité pour cet élu de 49 ans, profondément attaché à la commune audoise où il est né et a grandi.
"En tant que premier adjoint, naturellement, le conseil municipal m’a désigné ce 10 octobre comme étant le maire de la ville de Bram", explique-t-il.
Une histoire familiale
Pour Xavier Beaujard, cette nomination s’inscrit dans une histoire personnelle qui remonte bien avant son engagement politique. "Mon histoire avec Bram date d’il y a 49 ans. Je suis né à Bram, j’ai grandi à Bram, j’ai mes attaches ici, je vis ici, je me suis marié à Bram", raconte-t-il.
Son histoire familiale est elle aussi liée à celle de la commune. Ses grands-parents tenaient autrefois la maison de la presse, sa mère était enseignante à l’école maternelle et son père collaborait avec Jacques Cambolive, ancien maire de la ville.

Un souvenir illustre particulièrement ce lien avec la mairie. À l’âge de trois ans, le futur édile fréquentait déjà le bureau du maire, où travaillait son père.
"Je jouais entre les parapheurs et les dossiers. Je ne savais pas que c’était un bureau aussi important. Pour moi, c’était le bureau de Jacques, ce n’était pas le bureau du maire."
Quarante-cinq ans plus tard, retrouver ce même bureau avec l’écharpe de maire revêt une dimension particulière. "Il y a eu une certaine émotion à y retourner et à m’asseoir dans le fauteuil qui est celui du maire de Bram", confie-t-il.

Poursuivre le projet municipal
Si la personne à la tête de la commune change, les orientations municipales, elles, restent les mêmes. Xavier Beaujard entend poursuivre le programme porté collectivement avec Claudie Faucon-Méjean et présenté aux habitants lors des élections municipales de mars 2026.
"Le changement de maire ne change pas le cap que nous avons pris il y a six mois. Ça change juste la personne qui tient la barre", résume-t-il.
Parmi les priorités annoncées figure d’abord la santé, avec la construction prochaine d’une maison de santé et de prévention. La requalification de la traversée de la commune, entre Carcassonne et Castelnaudary, constitue également un projet important pour les années à venir.
Autre dossier structurant : "la gare de Bram et son ouverture autour d’un pôle multimodal. L’objectif est de mieux articuler les différents modes de transport, des mobilités douces aux déplacements en voiture ou en bus, afin de répondre aux besoins des 140 000 voyageurs qui fréquentent la gare chaque année", précise le maire.
Derrière ces projets, une même ambition : préserver la qualité de vie qui fait l’identité de Bram, tout en accompagnant son développement.

L’héritage de trois maires, mais une personnalité propre
Avant lui, Jacques Cambolive, André Viola et Claudie Faucon-Méjean ont marqué la vie municipale. Xavier Beaujard revendique cet héritage, sans pour autant vouloir reproduire le parcours ou les méthodes de ses prédécesseurs.
"Je suis l’héritier de ce qu’ils ont porté pour cette ville, un héritier qui ne va pas essayer de les imiter. Chacun avait sa personnalité, sa façon de faire. Je serai Xavier Beaujard", affirme-t-il.
De Claudie Faucon-Méjean, il retient notamment une manière d’aborder les contraintes financières auxquelles les communes sont confrontées. Pour lui, la diminution des dotations et la difficulté croissante à équilibrer les budgets ne doivent pas devenir des freins à l’action publique.
"Quand on a de l’ambition pour une ville et qu’on rajoute à ça des contraintes financières, ça nous oblige à travailler plus. Ça nous oblige à faire preuve d’innovation", détaille-t-il.
Le nouveau maire souhaite ainsi maintenir une ambition à la hauteur des attentes des habitants, même pour une commune d’environ 3 300 habitants.
"Être maire, c’est être là à tous les instants"
Au-delà des projets et des dossiers municipaux, Xavier Beaujard insiste sur une dimension essentielle de son mandat : la présence auprès des habitants.
Pour lui, la fonction de maire ne se limite pas aux horaires de bureau ni aux réunions institutionnelles. Elle implique d’être présent dans la vie associative, lors des fêtes communales et des compétitions sportives, mais aussi dans les moments les plus difficiles.
"Être maire, ce n’est pas être maire de 9 heures à 17 heures. C’est être maire quand Bram vit, quand Bram s’anime. C’est être là le soir, lors des assemblées générales des associations, pendant les fêtes, les week-ends lors des compétitions sportives", explique-t-il.
Cette disponibilité prend aussi tout son sens lorsque la commune traverse des épreuves : inondations, catastrophes, épisodes de canicule ou drames personnels.
"Être maire, c’est aussi être là quand une ville a des difficultés. C’est être là à tous les instants.", sourit-il.
Dans un contexte national marqué, selon lui, par une perte de confiance envers les élus, le maire conserve un rôle de proximité irremplaçable. "Le seul lieu qui tient encore à la République, c’est la commune, c’est la ville. Pour ça, il faut que le maire soit présent, qu’il soit accessible."
"Jugez-moi sur ce que nous allons faire de cette ville"
À la tête de Bram, Xavier Beaujard souhaite désormais être jugé sur son action et sur les résultats obtenus au cours de son mandat, plutôt que sur les commentaires qui peuvent accompagner son arrivée aux responsabilités.
"Jugez-moi sur Bram, jugez-moi sur ce que nous allons faire de cette ville, sur ce que Bram deviendra dans quelques années", conclut-il





