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Les habitants des Pyrénées sont-ils assez préparés face aux risques sismiques ? Pour le sismologue Guy Sénéchal, tout est encore à faire, alors que la menace est bien présente. En revanche, certaines communes, comme Lourdes, semblent prendre la question au sérieux.
Près de 2000 tremblements de terre ont lieu chaque année dans les Pyrénées, principalement du côté des Hautes-Pyrénées et du Béarn. Mais la plupart d’entre eux sont rarement assez puissants pour être ressentis par les habitants. Le site du Renass, qui répertorie et classifie l’ensemble des séismes en France montre d’ailleurs bien qu’il est rare qu’un tremblement de terre dépasse la magnitude deux sur l’échelle de Richter. À cette puissance, une vibration du sol n’est pas encore ressentie par un être humain. Mais selon les scientifiques, dans les années à venir, le risque d’un puissant tremblement de terre, pouvant provoquer des dégâts, est bien réel.
Guy Sénéchal est sismologue et enseignant-chercheur à l’université de Pau. Il effectue de nombreuses campagnes de sensibilisation auprès des jeunes, du grand public et des élus locaux. Son objectif : faire comprendre l’importance d’anticiper en cas de séisme plus puissants. Un besoin d’autant plus urgent en sachant que les épisodes sismiques ont tendance à s’intensifier tous les 100 à 150 ans.
“Le dernier séisme de magnitude supérieure à 6 était dans les années 1850-1860. À partir de là, on peut commencer à se dire qu’en 2025, il est grand temps de se préparer”, explique le sismologue Guy Sénéchal. Pour lui, la rareté des tremblements de terre ayant un réel impact sur le quotidien des locaux est à l’origine du manque de vigilances des habitants. « C’est un phénomène dont les gens entendent parler, mais qu’ils ne prennent pas au sérieux et qui est très mal connu » regrette le scientifique. À tel point que le scientifique regrette qu’une catastrophe soit nécessaire pour provoquer une réaction.
“Si on aurait aujourd’hui un tremblement de terre un petit peu plus marqué, qui ne provoquerait pas de gros dégâts, mais quelques petits dégâts, il est clair que la prise de conscience serait accélérée.”
Guy Sénéchal, sismologue et enseignant-chercheur
Car à l’heure actuelle, le chercheur ne rencontre pas un énorme engouement autour de ses conférences et se retrouve même parfois face à une réaction de méfiance : “c’est assez étonnant de voir qu’il y a si peu de monde sur place. Les gens n’ont pas envie d’entendre parler de ça.”
Pour lui, cette réaction reflète une méconnaissance du phénomène et une volonté de mettre le sujet sous le tapis. « Les gens sont réticentes à ce que l’on vienne parler de tremblement de terre. Ils l’associent systématiquement à la catastrophe. Alors que le message qu’on essaie de faire passer, c’est qu’à l’image de la pluie, la plupart du temps, ça se passe bien si l’on est préparé. »
Par ailleurs, le travail de sensibilisation fait aussi face à certaines idées reçues que partagent certains locaux. L’un de ces préjugés concerne le comportement des animaux. « Si vous avez un chien par exemple, il aboie régulièrement et vous n’y faites pas attention. Mais si un séisme a lieu, vous allez vous dire que votre chien a réagi par anticipation à ce qui allait arriver, alors que c’est impossible » explique Guy Sénéchal.
D’autres personnes vont aussi associer les tremblements de terre à la neige. “Il y a beaucoup de montagnards qui sont convaincus qu’il neige juste avant un séisme. » En réalité, aucun lien n’existerait entre ces deux phénomènes. Plus globalement, aucune méthode pour prédire avec efficacité un séisme n’a encore été mise en place. Pour l’instant, les sismologues sont uniquement capables de déterminer quelles sont les zones à risque. Ces réactions sont problématiques selon le chercheur de Pau, pour qui ces clichés renforcerait la confiance des populations, et par conséquent, réduirait leur vigilance. Mais alors, n’y a-t-il vraiment aucune prudence face aux risques sismiques dans les Pyrénées.
Dans le fond, Guy Sénéchal ne désespère pas et constate que son travail entraîne un réel changement de comportement chez certaines personnes. « Quand les gens s’y intéressent vraiment, ils ressortent avec la satisfaction de mieux comprendre le sujet. » Parfois, certains habitants déclarent même vouloir faire des travaux pour sécuriser davantage leurs domiciles. En revanche, rares sont les fois où il peut réellement constater la réalisation de ces travaux.
Au contraire des populations, de plus en plus d’organismes s’organisent pour tenter de réduire les dégâts en cas de puissants séismes. Depuis 2011, une réglementation européenne, nommée Eurocode 8, oblige la totalité des communes des Pyrénées-Atlantiques, des Hautes-Pyrénées, de la Haute-Ariège et des Pyrénées-Orientales à respecter les normes parasismiques pour les nouveaux bâtiments.
Plus localement, certaines communes prennent également les choses en main. Lourdes est par exemple la première commune de France à avoir mis en place un PPRS (Plan de Prévention aux Risques Sismiques) en octobre 2023. Celui-ci oblige les habitants à renforcer les éléments non-structuraux, comme les balcons ou les cheminées pour que tous les bâtiments soient renforcés d’ici cinq ans pour tous les bâtiments construits avant 1998.
C’est d’ailleurs dans cette commune que le musée Épicentre a été créé en 2013. Ce site permet d’éduquer à la question des tremblements de terre au travers d’activités ludiques comme un simulateur de séisme, des maquettes interactives et des ateliers pédagogiques.
Florian Salvat
Écrit par: Melvin Gardet
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