Certaines brebis étaient pleines. Une fois au sol, elles sont dévorées par les vautours. Crédit photo : la Chambre de l'agriculture.

45 brebis contraintes de plonger dans le vide au Couserans

45 brebis ont été tuées dans le Couserans en Ariège dans la nuit de vendredi. Les brebis ont décroché du Bentaillou, à Sentein. Les bêtes ont plongé dans le vide, guidées par la peur, pour échapper aux ours. Suite aux conditions climatiques mauvaises en montagne, les mesures de protection n’ont pas pu être correctement prises. Ces mesures se font normalement par un rassemblement nocturne des bêtes, accompagné des chiens patou. « Un lot de brebis n’a pas pu être ramassé », explique Philippe Lacube, président de la Chambre de l’agriculture ariégeoise. Livrées à elles-mêmes, « les brebis se sont retrouvées sur le territoire des ours, révélé par les traces de leurs crottes. Elles ont été contraintes de plonger, du haut d’une falaise escarpée, ce qu’elles ne font pas sans raison ! », s’indigne-t-il. 

Un arrêté suspendu

Selon la Chambre de l’agriculture : « pas un jour ne passe sans qu’un des 60 ours issus du plan de réintroduction n’attaque les troupeaux. » Le Couserans détient 95 % des ours des Pyrénées françaises et espagnoles, 70 ours cohabitent avec le point pastoral, affirme la Chambre de l’agriculture. Un drame similaire avait eu lieu en 2019. Un en 2021. 260 brebis avaient décroché à Aston, 61 brebis au Mont Rouch et 56 à Bethmale (Ariège). De cette perte, la préfecture d’Ariège avait instauré un arrêté autorisant l’effarouchement des ours le lendemain du deuxième décrochage de 2019, « le seul qu’on ait obtenu en 25 ans », déplore Philippe Lacube. 

Mais, cet arrêté, renouvelé en juin 2022, a été suspendu par le tribunal administratif de Toulouse, le jeudi 4 août. L’origine de cette décision est due à l’annonce d’une attaque en justice de l’association nationale de protection animale, One Voice. Le tribunal reconnaît « un doute sérieux » sur la légalité de l’arrêté. La Chambre de l’agriculture, au premières loges du massacre des brebis, demande à la préfète du département, Sylvie Feucher, de faire remonter ces incidents. Pour le président de la Chambre, « l’ère de la cohabitation passive est révolue. »

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Légende photo : Certaines brebis étaient pleines. Une fois au sol, elles sont dévorées par les vautours.
Crédit photo : la Chambre de l’agriculture.

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